Quelle stratégie pour un engagement politique après les Manifs pour tous ?

Mariannes pour tousLa loi instituant le mariage pour tous a été votée, promulguée, le premier mariage unissant deux hommes a été célébré… Alors c’est fini ? Les neuf mois de manifestations, happenings, de pression médiatique, politique, ces longs mois de luttes où des centaines de milliers de personnes ont été mobilisées, où ces personnes ont été ignorées et même pour certaines réprimées par le gouvernement, ce long combat a-t-il été mené pour rien ?

Non, je ne le crois pas. Certes, le temps du slogan « Taubira ta loi on en veut pas » est dépassé. Le temps du combat contre le projet de loi Taubira est terminé, mais nous entrons dans une nouvelle étape politique. Cette fois-ci, le théâtre des opérations ne sera plus dans la rue, mais dans les urnes… à condition que nous nous organisions avant. Lire la suite

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PMA : Valls hésitation

manu vallsManuel Valls est-il contre l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes ?

Dimanche 20 janvier, il a déclaré à l’émission Dimanche+ : « Je ne voterais pas la PMA dans le texte de loi sur le mariage pour tous et l’adoption », après avoir dit un NON ferme à la question : « Si vous étiez député socialiste, voteriez vous en faveur de la PMA, à la fin du mois voire en mars ? » Il a justifié sa position en disant que « La PMA, c’est un sujet extrêmement compliqué » et que cela « mérite un débat approfondi (…) long et fourni. Ce sont des questions très lourdes ».

Intéressantes déclarations, mais font-elles de Manuel Valls un opposant à la PMA ? Non, car son opposition ne porte pas sur la PMA, mais sur l’opportunité d’un vote au Parlement à la fin du mois ou même en mars. Manuel Valls ne se prononce pas sur le fond du sujet mais sur la forme : il réclame un « débat approfondi (…), long et fourni ». Fait-il allusion par là à des Etats-généraux comme ceux mentionnés dans la loi de 2011 sur la bioéthique ? C’est possible et ce serait un changement car nous savons que le gouvernement socialiste en a cure de cette disposition légale…

Mais une autre interprétation de cette « Valls hésitation » est possible : le gouvernement n’est pas à son aise sur ce sujet. Le mariage pour tous, et à plus forte raison la PMA, sont contestés par un mouvement populaire qui a réussi à lever plus d’un million de personnes le 13 janvier. Le gouvernement n’a donc pas le choix, pour faire passer le mariage pour tous et l’adoption, il est obligé de repousser la PMA et de taire, pour l’instant, la gestation pour autrui (GPA). Cela a pour conséquence l’abandon du vote de la PMA dans le même texte que le mariage, et son ajournement à une prochaine loi sur la famille. Avec un débat public et la liberté de vote des députés socialistes ? C’est possible, ce serait alors une forme de compromis visant à prioriser le passage (en force bien-sûr) du mariage pour tous.

Mais ne nous leurrons pas, l’ajournement de la PMA, et le passage sous silence de la GPA, appartiennent à la logique de la grenouille ébouillantée. Comme un pauvre batracien dans une casserole d’eau froide dont la température monte lentement jusqu’à ébullition, l’opinion publique n’est pas brusquée par des mesures sociétales fondamentales survenant d’un seul coup. On procède par étape. Le mariage pour tous et l’adoption d’abord, avec un semi-débat, puis la PMA avec un débat et enfin la GPA remise à plus tard.

Les propos de Valls obéissent très certainement à cette logique. Exactement comme Elisabeth Guigou en 1999 qui voulait faire passer le PaCS en le séparant de la filiation. Son discours vibrant sur la différence des sexes était une manipulation, bien assumée depuis. C’est aussi le cas de Najat Vallaud-Belkacem qui se prononce actuellement contre la GPA, alors qu’elle y était favorable il y a un an… Tout est stratégie, il ne faudrait surtout pas que la grenouille prenne conscience trop vite que l’eau est en train de bouillir.

Le discours anesthésiant de Manuel Valls ne doit pas nous faire oublier une chose essentielle : le mariage, dans le droit civil, est intimement lié à la filiation. Ainsi, le projet de mariage pour tous le lie clairement à l’adoption et à la filiation. Si le mariage est ouvert aux homosexuels, il ouvrira les portes à la PMA. Il serait en effet discriminant que les couples mariés hétérosexuels y aient accès et non les couples mariés homosexuels. Si la PMA est ouverte pour les couples mariés lesbiens, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les couples d’hommes ? Ainsi, la GPA serait automatiquement justifiée pour les couples d’hommes…et finalement pourquoi pas pour tous afin de ne faire aucune discrimination ?

La logique est imparable et la Valls hésitation de Manuel et des socialistes ne fait que retarder les nouvelles lois qu’ils veulent mettre en place. Nouvelles lois qui sont revendiquées clairement par le lobby LGBT, hormis la GPA qui est moins ouvertement dans les tuyaux. Celle-ci est tout de même demandée, il suffit de se référer au document du Monde de 2011, et aux propos de Pierre Bergé, mais l’inter-LGBT et le gouvernement ne la mettent pas en avant : ce sera une étape suivante.

Ainsi, il est logique que, quand on est contre l’adoption, la PMA et la GPA, nous soyons aussi contre le mariage pour tous… Ce qui ne nous empêche pas de proposer à la place une alliance civile qui ne touche pas le régime de la filiation.

Faut-il un référendum sur le mariage pour tous ?

ReferendumLa question du référendum est arrivée au cœur du débat sur le mariage pour tous. Certains députés de l’opposition ont décidé de déposer une motion référendaire. L’idée fait son chemin : en pleine séance de questions au gouvernement, l’opposition a scandé le slogan « Ré-fé-ren-dum »… ils étaient nombreux à le clamer, la formule a du succès.

Le gouvernement tient tête, sa réponse est non, non et non… ce qui s’explique : si le référendum a lieu, les Français sanctionneront le gouvernement au lieu de répondre à la question posée… du moins pour une bonne partie des électeurs. Au vu de la popularité du gouvernement, Hollande-Ayrault préfèrent éviter cette option, en mettant en avant l’impossibilité constitutionnelle d’une telle consultation et non le risque politique.

Nous n’aborderons pas la question de la constitutionnalité du référendum. Le juriste Nicolas Mathey a abordé cette question avec justesse, et la réponse est loin d’être évidente… disons simplement que le référendum n’est « pas impossible ». C’est plutôt la question de l’opportunité que nous allons voir. Lire la suite

Mariage et PMA pour tous ? N’oublions pas de respecter la loi de bioéthique !

Le gouvernement aurait-il un trou de mémoire ? Dans sa détermination à vouloir étendre, sans débat public, le mariage aux couples de même sexe, ainsi que l’adoption et la procréation médicalement assistée (PMA), il a oublié un point essentiel. Lequel ? Celui-ci : l’article 46 de la loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique dispose que « tout projet de réforme sur les problèmes éthiques et les questions de société soulevés par les progrès de la connaissance dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé doit être précédé d’un débat public sous la forme d’états généraux. »

L’ouverture de la PMA pour les couples de femmes homosexuelles est une nouveauté, une question de société permise par les progrès de la science. Si on suit la lettre et l’esprit de la loi de 2011, le recours à des états généraux est donc obligatoire. Le gouvernement aurait-il oublié cette disposition légale au risque de voir son texte être en totale contradiction avec le reste du droit ?

Ce raisonnement peut s’étendre aussi au mariage et à l’adoption, tant ces sujets posent de grandes questions éthiques.

Le député Jean Leonetti a adopté ce raisonnement dans un communiqué de presse paru ce jour. Il développe les arguments cités plus haut et surtout, il les étend au mariage et à l’adoption. Il considère cette extension normale car le projet entend redéfinir des notions de « père » et de « mère », et aussi à cause de l’impact à l’encontre de la santé des enfants. Jean Leonetti a raison d’interpréter ainsi la loi de 2011 car le mariage pour tous et l’homoparentalité sont d’importantes questions de sociétés. Peut-on concevoir une réforme aussi essentielle sans états généraux, sans débat ?

Cette question du débat national n’est donc plus seulement un problème politique mais aussi une question juridique : si le projet de loi passe sans états généraux, il sera voté sans respecter la procédure de la loi de 2011… qui n’est qu’une loi ordinaire, donc au même niveau que la future loi dans la hiérarchie des normes. Alors, qu’en sera-t-il ? Le Conseil constitutionnel l’invalidera-t-il, inaugurant ainsi une jurisprudence originale ? Peut-être, car l’organisation d’un débat public pour une question de société aussi essentielle est un principe fondamental, inhérent à toute démocratie. Il serait donc logique que les sages du Palais royal reconnaissent cette règle, comme il se doit, ou que le gouvernement décide de respecter la loi.

Eglise et questions sociétales

Le blog « A la table des chrétiens de gauche » a récemment publié l’article de Jean-Louis Schlegel Questions de mœurs : quelle attitude politique de la part des catholiques ? Un texte intéressant qui pose la question de la réponse chrétienne à donner aux problématiques dites « de société » que nous rencontrons aujourd’hui.

Il n’est pas aisé de répondre à la question de l’attitude à adopter. Pourtant je pense que la réponse doit être à la hauteur du problème…et le problème est très important car il touche les fondements de notre société.

En effet, quelle est la portée de ces « questions de mœurs » ? L’euthanasie n’est-elle qu’un assouplissement, une tolérance permettant de donner la mort dans quelques cas exceptionnels ? L’homoparentalité n’est elle qu’une possibilité donnée à quelques couples gays, une exception à la règle de la famille traditionnelle au même titre qu’il existe des familles monoparentales ?

La réponse est non : ces deux problématiques ne sont pas anodines car elles sont les symptômes d’une profonde révolution, d’un changement radical de société, d’une « mutation métaphysique » comme le dit Michel Houellebecq. Les « questions de mœurs » sont en fait des questions « de société » et elles portent sur les fondements même d’une société humaine : qu’est-ce que l’Homme ? Quand et comment sa vie commence, se termine ? Dans quelle structure familiale le « petit d’homme » va-t-il naître, se construire ? Lire la suite

Symbolique, politique…et polémiques

La vie politique est pleine de symboles. Les hommes politiques les utilisent souvent, avec calcul, finesse et parfois maladresse… Par définition, un symbole est un geste, un acte, un mot, une manifestation dans un lieu déterminé qui exprimera une signification très forte à un public « initié ». Dans la vie politique, le public initié est le peuple tout entier car ces symboles font référence à l’histoire et à la culture du pays. Il est donc possible de les comprendre.

Néanmoins, les commenter n’est pas toujours aisé, surtout quand certains évènements symboliques sont gagnés par des faits…qui créent la polémique. Polémiques non-voulues qui sont en elle-même chargées symboliquement puisque ces actes ou ces choix ont eu un écho disproportionné dans l’opinion publique.

La soirée du 6 mai est intéressante à analyser car elle regorge de symboles recherchés et non-recherchés. Lire la suite

Sénat rose

Il a basculé ! Enfin, le Sénat a connu l’alternance politique ! 

Joie à gauche, panique à droite, la Haute-assemblée comprend désormais une courte (deux voix) majorité socialo-communiste (et consorts). 

Vous me connaissez, je ne suis pas un inconditionnel dela gauche. Maisce n’est pas ça qui me fera pousser des cris d’orfraies ! Bien au contraire ! Le Sénat vient de prouver qu’il était une institution démocratique ! 

C’est déjà un début car la chambre haute est sans doute l’institution la plus mal comprise de la République ? Pourquoi ? Mais parce que tout le monde lui donne une définition qui ne lui correspond pas, ou que l’on cherche à tout prix à le réformer pour tenter de l’avoir à sa botte ! 

Regardons de plus près la Haute-assemblée : Au soir de la victoire, François Hollande disait que c’était une défaite pour la droite et la première étape de la victoire de la gauche… 

Beaux propos démagogiques, si le Sénat à basculé ce n’est pas à cause de l’humeur des grands électeurs…Mais parce que les collectivités sont, petit à petit, devenus majoritairement socialistes. Les dernières régionales ont été un tsunami rose, les cantonales ont donnés au PS de nouveaux départements, et les municipales avaient vu de nombreuses communes devenir socialistes. C’est un glissement en plusieurs étapes, le Sénat étant la dernière. 

Mais le Sénat reflète des victoires électorales précédentes et liées au travail des candidats locaux…Son basculement n’a donc absolument rien à voir avec la politique nationale actuelle ! Les grands électeurs n’ont pas voté en fonction de Nicolas Sarkozy mais en fonction d’élus de terrain choisis sur des problématiques locales… 

Car c’est là le cœur du sujet : le Sénat représente les collectivités territoriales (et l’Assemblée des français établis hors de France). Mais beaucoup d’hommes politiques ne semblent pas le comprendre… 

Je me rappelle d’un débat politique, il y a de nombreuses années, où la question de la réforme du Sénat avait été avancée. Nous étions pendant les années Jospin, ce dernier souhaitait une chambre haute plus « représentative ». La gauche se plaignait d’une assemblée éternellement à droite, ne pouvant connaître l’alternance politique. C’était sans doute révélateur d’un défaitisme des socialistes devant leurs difficultés à s’implanter dans le monde rural…Et donc, dans ce débat le Sénat était présenté par la gauche comme une chambre de notables. 

Mais le plus pathétique venait d’Alain Madelin : avec moult effets de manche il avait dit « le Sénat est une chambre de sagesse ! », ce à quoi Jean-Noël Jeanneney (PRG) a répondu : « Monsieur Madelin, la sagesse est-elle de droite ». Un point pour Jeanneney ! Quelle idée de dire une telle absurdité, le Sénat serait donc une chambre de sagesse et l’Assemblée nationale une chambre de folie ? 

Evidemment, le Sénat n’est pas un « Conseil des sages » comme on pourrait le voir dans certains récits mythologiques. La Rome antique est loin de tout cela et d’ailleurs le Sénat Romain n’était guère enclin à la vertu et à la tempérance…C’était davantage une assemblée d’aristocrates dans le style de la Chambre des Lords (l’hérédité en moins). 

Et d’ailleurs qu’est ce que la  sagesse ? Est-ce une élection qui va décider si on est sage où si on l’est pas ? 

Le Sénat n’est pas un conseil de vieux notables de droite, ce n’est pas ce que dit la constitution. Carc’est là le plus important : si vous voulez connaître cette institution n’écoutez pas les hommes politiques, regardez le texte constitutionnel : « Il assure la représentation des collectivités territoriales de la République.» C’est tout ! Qu’il soit de droite ou de gauche c’est l’affaire des collectivités locales ! Aux partis de travailler le terrain !

Bien sur on peut discuter de son mode de fonctionnement. Il a ses vertus : une certaine distance des tumultes de la vie politique et médiatique. Ses faiblesses : représente-t-il efficacement les collectivités ? Pas si sur… 

Je ne suis pas contre une réforme du Sénat. Pourquoi ne pas s’inspirer d’un modèle très efficace : le Bundesrat Allemand. La chambre haute d’outre Rhin, Conseil fédéral en français, représente les Länder. La représentation est parfaite parce que les conseillers fédéraux sont des membres des exécutifs des états fédérés mandatés par les gouvernements locaux. Ils ont donc un mandat impératif et sont la voix de leur Land. 

Un tel modèle ne peut-être transposable parfaitement chez nous car l’Allemagne est un Etat fédéral. Néanmoins il serait de bon ton de s’en inspirer. Pourquoi ne pas faire du Sénat un « Conseil des Territoires » ? Il comprendrait tous les Présidents de régions, les maires des cents plus grandes villes et des conseillers élus par les communes, ou intercommunalités, rurales. Chaque représentant aurait un nombre de voix plus ou moins important selonla collectivité. Ainsiles régions et les villes seraient directement consultées pour le vote dela loi. Lesélus ruraux auraient un contact direct avec leur conseillers et peut-être même le pouvoir de le révoquer si son travail parlementaire ne satisfait pas ces messieurs (et dames)…Mais là, ça impliquerait de revenir sur l’interdiction du mandat impératif qui figure dans la constitution… C’est un autre débat !

DSK : pas de confession mais une conspiration.

Que faisiez-vous dimanche soir ? 13.4 millions de français répondent : devant le journal de Claire Chazal pour regarder l’interview « come back » de DSK. Pas moi ! J’ai préféré passer un moment avec des amis. Je me suis donc contenté d’une vision en différé sur le net et des commentaires de la presse. 

Un record, prévisible, d’audience. Une aubaine pour TF1 ! Et pour DSK aussi : Claire Chazal est une bonne amie d’Anne Sinclair, il ne prenait donc aucun risque. A cela s’ajoute, une préparation en béton par des professionnels dela communication. DSK a bien organisé sa soirée « confession » comme les médias l’on qualifié. Mais était-ce une confession ? Il n’a rien avoué, rien regretté. Une « contrition imparfaite » dirait un théologien. Et j’ajouterais même une anticontrition tant cette entrevue ne contenait ni aveu, ni remord. Il n’a fait que se justifier en affirmant qu’il n’y avait aucune preuve. 

En revanche, il agité la théorie du complot…DSK se prendrait-il pour JFK ? En faisant allusion à un coup monté, il se présente en victime d’un ennemi invisible qui lui aurait tendu un piège avec la complicité du groupe Accor et avec de nombreux relais médiatiques comme l’Express qu’il qualifie de tabloïd. Et voila une belle théorie de complot comme les Américains les aiment ! Un « Waterbraguette » sauce FMI ! On passe du feuilleton de l’été style « Les Experts » au film de la rentrée genre « X-Files » ! 

Evidemment tout ceci est absurde. Le conspirationnisme est une aberration, le produit d’esprits perturbés. Bien sur, cette affaire est tombée exactement au plus mauvais moment pour lui (et au meilleur pour ses adversaires). Mais si DSK n’était pas un pervers sexuel, un malade de la libido, est-ce qu’un tel évènement aurait pu avoir lieu ? 

Personne ne nie la boulimie sexuelle de Dominique Strauss-Kahn. Personne n’a nié le « contact physique » entre la femme de chambre et l’ex-directeur du FMI. 

La seule véritable question est le consentement de la relation. Dans son article : DSK, du viol en zone grise, Koztoujours évoque ce sujet et l’ambigüité que cela implique. Vous connaissez déjà mon opinion : je ne crois pas en l’innocence de cet homme. 

Et ce n’est pas avec une abracadabrantesque thèse conspirationniste (sans preuve évidemment) que je vais changer d’avis.

Le parti des éléphants.

L’affaire DSK semble être close. Le procureur de NewYork, Cyrus Vance Jr à conclu l’affaire en abandonnant les poursuites. Le passé louche de Nafissatou Diallo semble avoir eu raison des arguments de celle-ci… Néanmoins de nombreuses zones d’ombres subsistent et toute cette histoire laisse un goût amer de déni de justice…

 « Que vous soyez puissant ou misérable, vous serez jugé blancs ou noirs » disait La Fontaine au XVIIème siècle. C’est toujours d’actualité, la femme de chambre africaine, immigrée, installée dans le pire quartier de New York, arrondissant peut-être ses fins de mois en se prostituant n’a pas pu se défendre contre un des hommes les plus puissants au monde. Le richissime Directeur du FMI contre la femme de chambre noire : les jeux étaient déjà joués.

 Sur le fond de l’affaire je ne reviendrai pas dessus. Le blogueur Koztoujours a rédigé un excellent article sur les « zones grises » du dossier : http://www.koztoujours.fr/?p=12868. Mais c’est surtout sur les amis de DSK que je souhaite parler.

 Il y a une contradiction monumentale dans cette affaire : nous avons un homme blanc, très riche, Européen, vivant dans les quartiers les plus huppés, dirigeant une puissante organisation internationale contre une femme noire, immigrée, prolétaire, vivant dans un quartier pauvre au milieu de jeunes désœuvrés.  Et cette affaire est une affaire où est en jeu la dignité d’une femme dans son corps, où sa liberté de disposer librement de son corps a été bafouée. Les féministes et les socialistes auraient dû prendre fait et cause pour Nafissatou Diallo. La Gauche a pour vocation de défendre le faible contre le fort, le pauvre contre le riche. Les droits des immigrés, la dignité de la femme et sa liberté (y compris sexuelle) font parti des grands combats de la gauche ! Et que voyons-nous ? Des éléphants du PS défendre un richissime blancs accusé de trousser une pauvre africaine… Une histoire d’abus de femmes de ménages digne des romans d’Emile Zola !

 Bien sûr tous n’ont pas défendus DSK. Tous ne se sont pas satisfaits de ce « non-lieu ». Michel Rocard a évoqué une « maladie », le mouvement Oser le Féminisme a, depuis le début, eut une attitude prudente rappelant qu’il ne fallait pas oublier la victime présumée…Mais l’attitude des « amis » de DSK, Martine Aubry en tête est choquante. Mme Aubry laisse très clairement ouverte la porte du PS à Strauss-Kahn et elle avait même envisagée une possibilité pour DSK de se présenter aux primaires…Une attitude contraire aux idées du PS.

 L’affaire DSK n’a pas été jugée, il y a juste eu un « abandon des poursuites » par Cyrus Vance. Nous ne saurons sans doute jamaisla vérité… Un doute subsistera toujours.

 En revanche, les doutes sur le PS n’existent plus : il n’est plus le parti de la justice sociale, mais celui des richissimes éléphants.