Le jour où Facebook s’est effondré.

La capuche d’un sweat relevée sur la tête, les yeux baissés vers le sol, un homme monte discrètement à l’arrière d’une limousine. Direction : un petit aéroport situé aux confins du Nevada à quelques heures de Palo Alto. De là, un avion l’emmène vers une destination inconnue de tous. Certains parlent d’une île du Pacifique, d’autres évoquent la Patagonie, les Bahamas…

Mark Zuckerberg est en fuite, il veut se faire oublier : Facebook vient de s’effondrer.  Lire la suite

Pour défendre Métronome, de Lorànt Deutsch.

« Le « Métronome » de Lorànt Deutsch, un livre idéologique ? » titre un article de la rubrique « culture » de Rue89 en date du 20 mai. Son auteur, Louis Lepron, s’en prend au livre à succès de Lorànt Deutsch en relayant des critiques d’historiens…Des critiques sur le contenu historique ? Oui, un peu, très peu même, car ce qui lui est reproché est moins certaines erreurs qu’une « vision de l’histoire, notamment « pro-royaliste », « anti-républicaine » et « anti-révolutionnaire ». Comme le dit clairement le titre de l’article : le sujet de la polémique est idéologique…

Louis Lepron n’a pas peur de s’attaquer à un ouvrage à grand succès (1.5 millions d’exemplaires vendus, une adaptation sur France 5, un salut unanime de la presse…), mais il prend le problème « par le mauvais bout de la raison » comme dirait Rouletabille. Pourquoi ? Lire la suite

Bien commun et tentation communautaire

La défense du mariage entre un homme et une femme, la protection de la vie, sont-elles des causes qui n’intéressent que les chrétiens ? Le droit à la vie est-il un dogme religieux, révélé, échappant à tout raisonnement et sa défense seulement dû à la foi de quelques croyants ? Le mariage monogame et hétérosexuel n’est-il qu’une institution religieuse, ne s’appuyant que sur des textes sacrés et des traditions cultuelles ?

La réponse est non. Défendre toute vie humaine, ainsi que la famille naturelle est au contraire l’acte le plus humain, le plus rationnel qui soit. Nous ne sommes pas dans le domaine de la théologie mais dans celui du bon sens…même si celui-ci n’est pas toujours suivi…

Deux personnalités ont évoqué ces questions aujourd’hui. Guillaume de Prémare, sur Urgence-com-catho, nous explique que « Le mariage n’est pas le bien propre des catholiques, c’est le bien commun de toute la Cité. »

Sur le droit à la vie, Patrice de Plunkett nous a donné un bel exemple de bon sens a travers un très beau texte de Marcel Pagnol, véritable icône de la République laïque. Dans cet extrait de l’eau des collines, Pagnol nous décrit Sparte, cité pratiquant allégrement l’infanticide au nom d’un eugénisme collectiviste et militariste. Le non-croyant Pagnol nous donne-là des arguments en faveur de l’accueil de la vie, pleins de bon sens et de justesse.

Voici le texte : Lire la suite

Quand un résistant chrétien parlait de Jeanne d’Arc

Aujourd’hui, deuxième dimanche de mai, nous fêtons sainte Jeanne d’Arc. Une figure émouvante, belle, célébrée dans l’histoire autant par les chrétiens que par de nombreux patriotes non-chrétiens. Hélas, elle a trop souvent été récupérée par des mouvements défendant des idées…très éloignées des siennes.

Je ne tiens pas à revenir sur l’exploitation de l’image, du symbole, de Jeanne. Je tiens juste à vous rapporter un très beau texte écrit par un jeune résistant catholique, Gilbert Dru, il y a soixante-dix ans, en mai 1942. Gilbert Dru était un des responsables de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) dans la région lyonnaise. Etudiant en lettres, il participa à la résistance au nom de sa foi et fut un des animateurs de la résistance chrétienne dans le Sud-est. Il était dans le groupe des « cahiers du témoignage chrétien », revue clandestine de résistance fondée en 1941 par le père Chaillet. Démocrate-chrétien convaincu, Dru a été un des inspirateurs du Mouvement républicain populaire. Il a été fusillé par les nazis le 27 juillet 1944, à Lyon sur la place Bellecour. Il avait 24 ans.

Gilbert Dru était outré de la récupération de Jeanne d’Arc par le régime de Vichy. Il décida d’écrire un texte très critique dans « les cahiers de notre jeunesse », revue officielle de la JEC. Cet article fut censuré…

Le voici : Lire la suite

Symbolique, politique…et polémiques

La vie politique est pleine de symboles. Les hommes politiques les utilisent souvent, avec calcul, finesse et parfois maladresse… Par définition, un symbole est un geste, un acte, un mot, une manifestation dans un lieu déterminé qui exprimera une signification très forte à un public « initié ». Dans la vie politique, le public initié est le peuple tout entier car ces symboles font référence à l’histoire et à la culture du pays. Il est donc possible de les comprendre.

Néanmoins, les commenter n’est pas toujours aisé, surtout quand certains évènements symboliques sont gagnés par des faits…qui créent la polémique. Polémiques non-voulues qui sont en elle-même chargées symboliquement puisque ces actes ou ces choix ont eu un écho disproportionné dans l’opinion publique.

La soirée du 6 mai est intéressante à analyser car elle regorge de symboles recherchés et non-recherchés. Lire la suite

Les législatives, c’est maintenant !

Hier soir, une page s’est tournée. Les Français ont désigné, à une très courte majorité, François Hollande à la Présidence de la République. L’heureux élu a été chaudement acclamé par ses supporters, tant à Tulle qu’à la Bastille et Nicolas Sarkozy a fait un beau discours, plein de retenue et de « fair play ». 

Mais, si la campagne présidentielle vient de s’achever, une autre vient de commencer : celle des élections législatives. 

Les législatives sont moins exposées médiatiquement, et pourtant elles sont peut-être plus importantes. En désignant les députés, les électeurs confirmeront ou infirmeront les orientations du locataire de l’Elysée. Mais aussi, la droite va connaître sa première campagne de l’après-Sarkozy… Dans un laps de temps très court, les anciens lieutenants de Sarko vont prendre des décisions stratégiques essentielles qui vont impacter, peut-être durablement, le visage de la droite et du centre-droit dans notre pays. 

L’enjeu est de taille : l’UMP continuera-t-elle le discours droitier de ces dernières semaines ? Marine Le Pen parviendra t’elle à s’allier l’aile droite de l’UMP pour mieux la faire exploser ? Le centre-droit se reconstituera t’il ? Ou plus simplement : que va devenir la droite ? 

Nous aurons les réponses à ces questions après les législatives. Pour le moment nous ne pouvons faire que des hypothèses et émettre des vœux. Pour ma part, je préfère me cantonner à la deuxième possibilité : les vœux. 

Je dois vous l’avouer, la perspective d’une droite éclatée, dont une aile serait absorbée dans un rassemblement bleu marine ne m’enthousiasme guère. Nous aurions un déséquilibre entre une droite extrême plus puissante que jamais et un centre-droit dispersé, désuni et privé de leader. Bien-sur, ce centre-droit pourrait en profiter pour s’unifier, se structurer et il se trouverait bien un ténor pour lui donner le « la ». Mais hélas il pèserait trop peu et  il serait contraint de s’allier avec cette super-droite…quitte à perdre certaines de ses valeurs. 

Non, je préfère une autre hypothèse. Une droite regardant davantage vers le Centre-droit, plus proche de ses valeurs historiques, en un mot : plus humaniste. Oui, plus humaniste, parce que la droite française, dans son histoire, n’est pas un mouvement populiste aux relents nationalistes et stigmatisant certaines catégories de la population. La droite française a pour figures tutélaires des hommes comme : le Général de Gaulle, Robert Schuman ou son homonyme Maurice Schumann, Georges Pompidou, Jacques Chaban-Delmas, Antoine Pinay, Joseph Fontanet, Pierre Pflimlin, Jean Lecanuet, Edmond Michelet, Louis Terrenoire, etc. 

Ce sont des hommes qui n’ont jamais défendu le repli sur soi, la peur de l’autre et la fin des libertés…Non, de Gaulle c’est la France Libre, la Résistance et les grandes avancées sociales de la Libération. Robert Schuman est le fondateur de la Communauté Européenne, apôtre de la paix et de l’amitié entre les peuples. Maurice Schumann était la « voix de la France Libre » et il devint après un  grand homme d’état. Jacques Chaban-Delmas était l’homme de la « Nouvelle société » en 1974. Tous étaient des hommes du rassemblement et de l’ouverture à l’autre.

Ils étaient aussi des hommes de la fermeté : ils n’acceptaient pas la compromission sur des valeurs essentielles. 

Gaullistes, démocrates-chrétiens, libéraux ou radicaux, tous avaient en commun d’être du centre-droit et de la droite. Aucun ne lorgnait vers un extrémisme diviseur. 

Il est à espérer que la droite se reconstruise autour de ses valeurs qui sont inscrit dans son « code génétique ». Retrouver ces familles de pensées en les reconstituant et en les fédérant pourrait être une belle solution. Un grand pôle gaulliste, un autre libéral, un démocrate-chrétien et un radical, pourraient se retrouver dans une grande confédération. Je rejoins la dessus l’opinion d’autres blogueurs (et amis) qui se sont exprimés récemment. L’UDF historique, qui était un puissant parti de gouvernement fédérant ces familles (sauf les gaullistes) donnait un poids politique considérable au centre-droit. Cette union est la grande absente de la vie politique française. Les petits partis qui se disputent son héritage, et le Modem qui dérive à gauche, ne sont pas parvenu à constituer le grand contrepoids centriste que l’UMP avait besoin. Le résultat s’est fait sentir : le sarkozysme a été aspiré par une force centrifuge qui a sans doute amené des voix frontistes au Président, mais a épouvanté l’électorat modéré… Une présidentielle se gagne au centre…et se perds aux extrémités. 

Bien sur, nous pouvons soutenir que l’écart entre les deux a été très faible. Mais il est à craindre qu’un tel raidissement du discours n’ait eu de funestes conséquences sur le long terme…car il n’est pas dans la tradition humaniste de la droite française. 

Lors des législatives une voix originale va s’élever : celle de la nouvelle démocratie-chrétienne. Le Parti Chrétien-Démocrate présente cent candidats à la députation. Nous pouvons citer Patrick Rougevin-Baville à Vendôme, dans le Loir-et-Cher, Hugues Foucault dans l’Indre, Geneviève Masson à Paris, Audrey Levavasseur en Seine-Saint-Denis, François Le Forestier dans la Sarthe, Gauthier Blin à Lyon, Daniel Lallemant en Lorraine mais aussi Franck Margain, Vice-Président du PCD et brillant économiste dans le XIIeme arrondissement de Paris. 

Egalement, dans le Rhône, Jean-François Debiol se présente en assumant son appartenance à la Démocratie-chrétienne. Candidat UMP« Droite sociale », il s’inscrit dans la tradition catholique sociale lyonnaise. 

Tous ces candidats sont des signes forts du retour de la Démocratie-chrétienne sur la scène politique. Ils incarnent une famille de pensée qui a toute sa place au sein d’une droite fidèle à son identité humaniste et patriotique. Tout le contraire d’une « droitisation » nationaliste et exclusive…

Retours sur une campagne

A quelques jours du second tour, je profite d’une interview de Christine Boutin sur Atlantico pour faire quelques petits « retours » sur cette campagne présidentielle.

Le journaliste d’Atlantico a interrogé Madame Boutin sur un sondage qui chiffre à 27% le nombre de jeunes catholiques ayant voté pour Marine Le Pen. Il n’est pas aisé de répondre à cette question. Elle avance comme hypothèse : « De façon générale, la génération montante a une exigence sur les principes sociétaux beaucoup plus importante qu’il y a dix ou quinze ans. » et elle ajoute : « pour ces jeunes l’expression politique du premier tour et en particulier chez Nicolas Sarkozy n’a pas été perçue comme suffisamment exigeante par rapport aux principes fondamentaux véhiculés par Jean-Paul II et Benoît XVI. (…)D’autre part – et je le dis en tant que Présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD) – je pense que c’est une incompréhension par rapport aux postures de Nicolas Sarkozy qui sont pourtant très claires. Moi-même, j’ai été candidate à l’élection présidentielle, et j’ai été très exigeante sur ces principes sociétaux. Or, Nicolas Sarkozy les a repris dans l’article publié dans le Figaro Magazine et depuis, je suis tous ces meetings et il n’y pas de place pour l’ambiguïté. Au dernier meeting tenu à Clermont-Ferrand, il a parlé de la valeur sacrée de la vie, des questions que l’on se pose autour de la mort, notamment avec l’euthanasie, et a rappelé son opposition au mariage homosexuel etc. »

Personnellement, j’adhère en grande partie à cette hypothèse. Nous autres catholiques sommes « taraudés » depuis longtemps par les questions sociétales. Nous vivons une époque ou les partis politiques n’ont pas peur de reprendre des revendications sociétales qui sont à l’encontre de l’enseignement de l’Eglise. Euthanasie, homoparentalité, mariage gay, et tout ce qui touche à l’avortement… Nous avons là différentes visions du monde et de l’Homme qui se font face : l’anthropologie chrétienne d’un coté et de l’autre, de nouvelles idées, issues d’autres familles de pensée souvent athées ou déistes…Nous pensons par exemple à certains points de vue issus des études sur le genre, le fameux gender…

Une des grandes questions politiques de notre temps est : « Quelle société voulons-nous » ? Cette question a été rappelée par l’Eglise qui est en France a travers le document de la Conférence des évêques, et le livre du Cardinal Vingt-Trois. SAJE Prod l’a d’ailleurs très bien mis en image.

Bien entendue, cette question de société ne se limite pas aux sujets que j’ai évoqués plus haut. La conférence des évêques nous le rappelle avec beaucoup de justesse en mentionnant treize points… La doctrine sociale de l’Eglise ne s’arrête donc pas aux questions touchant à la vie, à la famille et à l’éducation…Même si ces trois points sont fondamentaux et qualifiés de « non-négociables ».

Mais cette réflexion sur les tendances de vote de catholiques nous amène au sujet du climat de cette campagne électorale. Ambiance tendue, diabolisation de l’un et de l’autre candidat, affaires qui remontent, propos frisant la diffamation… Mais aussi résignation, « vote barrage », l’enthousiasme n’a guère été dans les cœurs…

Côté catholique, la blogosphère et les réseaux sociaux ont été en ébullition. Quel vote sera le plus cohérent avec ma foi ? Telle a été la question que nous nous sommes tous posés. Le groupe Votons cohérent a fixé des conditions et envisage le vote blanc si elles ne sont pas respectées. D’autres ont opté pour « le moindre mal » en choisissant Nicolas Sarkozy ou encore François Bayrou. Certains ont préféré Le Pen. Le courant des Poissons roses, désireux d’entrer au Parti Socialiste, a envoyé un message à François Hollande qui mérite d’être lu et étudié. Ce très beau texte aborde les questions sociétales avec beaucoup de vérité sans jamais tomber dans la caricature… Sébastien Gros, proche collaborateur de Manuel Valls a répondu à ce texte…négativement. Ce qui nous montre l’importance des questions sociétales au sein du PS.

A titre personnel, vous le savez, j’ai fait le choix de Nicolas Sarkozy. Quand Christine Boutin a décidé de suivre le Président-candidat,  j’ai tout de suite justifié cela en parlant du « Choix de la raison ». J’en suis toujours convaincu. Je crois que les chrétiens doivent être présents dans les grandes coalitions gouvernementales, que ce soit à droite avec le PCD ou à gauche avec le courant des Poissons roses… Bien entendu je n’oublie pas les autres partis. Il faut que nous soyons partout, mais nous serons plus efficaces dans des « grands ensembles ».

Ce que j’exprime est ma conviction… Mais je ne l’impose à personne. Les propos tenus sur mon blog n’engagent que moi. Quand je reprends les textes de l’Eglise, c’est pour tenter de nourrir un discernement…Celui-ci n’a pas été aisé et surtout, cette campagne a été gagnée par de nombreuses discussions autour de la notion de points non-négociables. J’ai donc écrit plusieurs articles sur le sujet afin d’apporter un éclairage supplémentaire.

Parfois, je l’avoue, j’ai été très sévère avec les partisans du vote blanc… Mon but n’est pas de les stigmatiser, et s’ils ont été blessés je leur demande pardon. Mais cette démarche du vote blanc pose de nombreuses questions quand à la conséquence du vote…or je reste convaincu qu’en votant pour le « moins mauvais » on peut éviter une catastrophe supplémentaire.

Au nom de mes convictions j’ai posé ce choix que j’assume pleinement. J’ai défendu cette position en conscience, et d’autres chrétiens ont défendu une autre position, également en conscience.

C’est leur droit, je le respecte.