Frédéric Ozanam : la charité, la justice et la lutte des classes

Révolte des CanutsFrédéric Ozanam a connu une France en pleine mutation. Né en 1813 et mort en 1853, il a vécu à une période où la société française s’est radicalement transformée tant d’un point de vue politique que social. Politique car il a connu cinq régimes. Social parce que cette période est celle de la Révolution industrielle qui a complètement modifié les classes sociales et les rapports économiques et sociaux dans le pays. Rapidement, une nouvelle société s’est construite avec d’un côté une bourgeoisie industrielle riche et puissante, de l’autre une classe ouvrière pauvre et nombreuse. Les changements politiques de la France ont accentué cette mutation. Ozanam a connu cinq régimes politiques : l’Empire de Napoléon 1er, la Restauration à partir de 1815, la Monarchie de Juillet en 1830 avec le Roi des Français Louis-Philippe 1er (curieux monarque qui n’avait pas de légitimité et qui s’inspirait des principes de 1789), la IIème République en 1848 et enfin le second Empire en 1852. La France changeait et certains régimes, comme la Monarchie de Juillet, ne refusaient rien à la nouvelle classe qui dirigeait l’économie du pays…

La Révolution industrielle a entraîné un exode rural qui a rempli les villes de populations ouvrières misérables. Ozanam a connu le Paris de 1831 qui est celui que décrit Victor Hugo dans les Misérables. Les ouvriers travaillaient durement, tous les jours, toute la journée, dans des conditions catastrophiques. Ils recevaient un salaire de misère et vivaient dans des taudis. Aucunes vacances, aucun repos, aucune protection en cas de maladie, pas de retraite : il était difficile pour eux d’élever leur famille et de vivre décemment. Lire la suite

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Léon XIII et la « deuxième » Démocratie-chrétienne

Léon XIII dans la presse françaiseAprès l’échec de la IIème République, la Démocratie-chrétienne française est entrée dans une forme de désert. Le Second Empire instauré en 1852 a mis en place un régime autoritaire qui a étouffé toute initiative. Les anciens démocrates-chrétiens étaient sous surveillance, même l’apolitique Société de Saint Vincent de Paul était surveillée par le régime. Frédéric Ozanam, mort de maladie en 1853 n’a pas pu continuer sa réflexion sur les institutions et le catholicisme en France a connu une pente intransigeante avec Louis Veuillot et son journal l’Univers. Lire la suite

Et si on parlait de la Démocratie-chrétienne ?

Robert Schuman, une grande figure Démocrate chrétienneLa Démocratie-chrétienne est une famille de pensée en plein renouveau avec l’action du Parti Chrétien Démocrate de Christine Boutin. Bien que ce soit un petit parti, il est l’héritier d’une importante tradition politique. 

Pourquoi en parler aujourd’hui ? Cette famille a tenté de faire vivre la doctrine sociale de l’Eglise au sein de la Cité sans pour autant être un parti confessionnel. De nombreux chrétiens ont désiré apporter le message de l’Evangile au cœur de la vie politique. Leurs expériences doivent être étudiées et réfléchies. Bien sur la Démocratie-chrétienne n’a aucun monopole. De nombreux autres courants ont compté ou ont été fondés par des chrétiens. Certains ont même été en franche opposition avec les mouvements Démo-chrétiens… Mais la Démocratie-chrétienne a été la famille de pensée la plus importante et celle qui se référait le plus expressément à la doctrine sociale de l’Eglise. 

Je vais donc tenter d’aborder en plusieurs articles quelques questions autour de la Démocratie-chrétienne : Sa définition, son origine, l’histoire de son plus grand parti en France : le Mouvement Républicain Populaire. Sur ce mouvement, nous verrons sa fondation, et les raisons de son échec. Enfin nous étudierons les relations entre Gaullisme et Démocratie-chrétienne et nous verrons si cette famille de pensée a encore une pertinence au XXIème siècle. 

Rendez-vous très vite pour le premier article de ce parcours.