Mélenchonia

Il est une humeur qui est à la mode en ces temps de crises : la mélancolie. Lars von Trier l’a mis en scène dans son dernier film intitulé Mélancholia. Un film à l’atmosphère de fin du monde où une petite planète va mettre un terme à l’humanité…un film ajusté au calendrier Maya qui nous annonce des joyeusetés pour la fin de l’année (je n’y crois pas si ça peut vous rassurer). 

Je n’ai pas vu ce film, salué par la critique certainement à raison, et je ne vais pas vous en parler… Simplement, cette mode de la « mélancholia » semble avoir pris une forme originale en cette campagne présidentielle. Cette forme est celle de la « Mélenchonia »…Oui vous avez bien lu, ce n’est pas une faute de frappe ou un quelconque « lapsus calami », j’ai bien écrit la « Mélenchonia ». Mais qu’elle est cet OVNI des humeurs ?  Lire la suite

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Le MRP et la Vème République

1958 a été l’année charnière qui a vu le Général de Gaulle revenir au pouvoir et la France se doter d’une nouvelle constitution. La IVème République est morte de son incapacité à gérer la crise algérienne…instabilité chronique, gouvernements souvent trop faibles, le « régime des partis » n’a pas pu faire face à un conflit algérien qui s’enlisait et qui était trop chargé d’émotion pour la population française. Je ne reviendrai pas sur ces évènements complexes, ici vous en avez un rapide aperçu.  

Le MRP a joué un rôle essentiel dans la crise de 1958 car l’avant dernier Président du Conseil de la IVème République était le républicain populaire Pierre Pflimlin. Ses Mémoires d’un Européen racontent avec talent la fin de ce régime, l’arrivée du Général au pouvoir et le retour du MRP auprès des gaullistes…jusqu’à la deuxième rupture de 1962… Lire la suite

La Démocratie chrétienne contre de Gaulle

Avec le référendum du 13 octobre 1946 sur la IVème République le MRP fut en désaccord avec le Général de Gaulle. Cet évènement fut une rupture…rupture consommée en 1947 par le refus du MRP de suivre de Gaulle dans la constitution du Rassemblement du Peuple Français (RPF).  Lire la suite

Le choix de la raison

La politique a ce travers qui est celui d’être l’art du possible. Prisonniers de la réalité nous devons « faire avec » et trop souvent mettre de côté nos idéaux les plus nobles. 

Ce réalisme est celui de Christine Boutin, présidente du Part Chrétien-Démocrate, qui a annoncé hier soir qu’elle arrêtait la course àla présidentielle. Fautedes 500 signatures nécessaires, elle a choisi de changer de fusil d’épaule…En soutenant Nicolas Sarkozy. 

Stupeur chez certains, cris d’épouvante chez d’autres, joie chez quelques uns : elle se rallie à l’UMP ! 

Je vois déjà les commentaires fuser, les accusations de grands rigoureux abonder : compromission avec le pouvoir, quête d’un maroquin… Absurde ! Tout le travail de Christine Boutin, toute son œuvre politique a été au service d’une idée politique : la Démocratie chrétienne, et à quel prix ! Madame Boutin a été vilipendée, trainée dans la boue depuis 1998 et le débat sur le PACS. Nombre de ses alliés, de ses amis l’ont lâché car elle a eu des prises de position courageuses et à contre-courant. Ses choix, sa candidature aux présidentielles de 2002, la fondation du Forum des Républicains Sociaux devenu des années plus tard le Parti Chrétien-Démocrate va dans le sens de ses convictions humanistes et Démocrates-chrétiennes inchangées depuis le début de son engagement politique. 

Mais défendre des idées implique t’il de s’isoler, de ne s’allier avec personne, de refuser de travailler avec un gouvernement sous prétexte que nous ne sommes pas en accord avec lui à 100% ? 

Certains reprochent à Christine Boutin d’avoir travaillé avec l’UMP et de remettre ça à nouveau…comme si elle aurait été une « grande dame de la politique » si elle avait boudé le gouvernement au nom de la pureté politique… Absurde ! Que vaut cette soi-disant pureté si elle n’est qu’impuissance ! 

Non : le but de la politique est de construire quelque chose, or construire implique de participer au pouvoir et participer au pouvoir implique de savoir quelles sont nos priorités. Or pour le PCD la priorité est aux valeurs ! 

Nicolas Sarkozy et François Hollande ont tous les deux le mérite d’avoir tenu un discours clair sur la question des valeurs. 

Le candidat socialiste est favorable au mariage homosexuel, à l’homoparentalité et est prêt à légaliser l’euthanasie. A cela s’ajoute une forme de laïcisme exacerbé… Les valeurs ne sont donc pas au rendez-vous, en revanche les nouvelles mœurs tiennent le haut du pavé…

 Le Président sortant défend l’inverse. Lors de son interview au Figaro Magazine il a affirmé son opposition à l’euthanasie, au mariage gay et à l’adoption par les couples homos. Il donne donc des garanties sur ce sujet. 

Bien entendu l’harmonie n’est pas parfaite, il existe des points de divergence mais il est objectivement préférable que Nicolas Sarkozy soit réélu. Nous ne pouvons pas prendre le risque de mettre François Hollande à l’Elysée… 

La question qui se pose est : Sarkozy ou Hollande ? Les autres candidats, même s’ils font de beaux scores, n’ont aucune chance de parvenir au pouvoir… Il ne faut donc pas se tromper et au moins limiter les dégâts. 

Je comprends ceux qui sont tentés d’aller à la pêche devant le peu d’intérêt de cette campagne électorale. Sur Twitter il y a eu récemment une brève discussion sur ce sujet et j’ai émis quelques tentations la dessus…Mais non, il faut voter et voter utile pour éviter au pays une catastrophe. 

Bien entendu cela ne fait pas de moi un Sarkozyste pur et dur. Il y a des choses que je n’approuve pas dans ses idées… Mais sur les questions économiques Hollande ne changera rien : il est aussi libéral que Sarkozy, aussi prisonnier du dogme de la croissance que lui, aussi partisan de l’austérité que lui… En revanche, il sera désastreux sur les questions de société. 

Donc oui Christine Boutin a fait le bon choix : le choix de la raison.