Le Gouvernement serait-il mal-à-l’aise avec l’écologie ?

Delphine Batho et son successeur, Philippe MartinIl semble que François Hollande ait du mal avec l’écologie… beaucoup de mal même. Le limogeage de Delphine Batho semble confirmer ce malaise. En effet, celle-ci a eu le malheur de critiquer un projet de budget contenant de très grosses coupes au détriment du ministère de l’écologie. Ministère qui se trouve dans la situation peu enviable de plus gros perdant du nouveau budget ! 

Tout un symbole ! Ce qui peut nous laisser penser que le gouvernement Ayrault considère l’écologie comme la cinquième roue du carrosse républicain… et nous le pensons sérieusement, tant cet évènement n’est pas le seul symptôme : avant madame Batho, c’est Nicole Bricq qui a fait les frais d’une éviction pour cause de désaccord avec le gouvernement socialiste sur les forages au large de la Guyane. 

Pour le binôme Hollande-Ayrault un bon ministre de l’écologie serait-il un ministre muet ? Lire la suite

Publicités

Quelle stratégie pour un engagement politique après les Manifs pour tous ?

Mariannes pour tousLa loi instituant le mariage pour tous a été votée, promulguée, le premier mariage unissant deux hommes a été célébré… Alors c’est fini ? Les neuf mois de manifestations, happenings, de pression médiatique, politique, ces longs mois de luttes où des centaines de milliers de personnes ont été mobilisées, où ces personnes ont été ignorées et même pour certaines réprimées par le gouvernement, ce long combat a-t-il été mené pour rien ?

Non, je ne le crois pas. Certes, le temps du slogan « Taubira ta loi on en veut pas » est dépassé. Le temps du combat contre le projet de loi Taubira est terminé, mais nous entrons dans une nouvelle étape politique. Cette fois-ci, le théâtre des opérations ne sera plus dans la rue, mais dans les urnes… à condition que nous nous organisions avant. Lire la suite

La violence et la non-violence

La violence et la non-violenceJe laisse exceptionnellement la plume à Iris, ma fiancée. Elle a voulu me souffler une idée de billet, mais je lui ai proposé de l’écrire elle-même et de le publier sur mon blog.

4ème de couverture : « Les Goûters Philo aident les enfants à réfléchir sur les questions importantes qu’ils se posent. Toute une série de livres clairs, directs et drôles pour éveiller aux idées. »

Celui-ci parle de « La violence et la non-violence ». Un livre pour enfants à partir de 8 ans, car la philo peut être mise à la portée de tous.

En week-end chez mes parents, j’ai retrouvé ce petit bouquin que j’avais lu il y a quelques années. J’ai eu envie de le relire, pour me rafraîchir la mémoire et avoir un peu plus les idées au clair sur ce qu’est la non-violence, puisque le mouvement des Veilleurs qui est en train de se développer depuis quelques semaines se réclame de la non-violence.

Dans le même temps, j’ai vu sur les réseaux sociaux que Vivien Hoch ferait bien lui aussi de lire ce livre, car ce chercheur en philosophie est présenté comme « une figure des Veilleurs » alors qu’il ne cesse d’avoir un comportement violent. Précisons tout de suite qu’il n’est pas dans le staff des Veilleurs, et que s’il leur a peut-être donné quelques coups de main, il n’est pas représentatif du mouvement.

Voici quelques citations du livre, qui donnent des pistes sur l’attitude à avoir face à la violence :

« Dans le cercle de la violence, on est comme dans un tourbillon : aspiré, entraîné, incapable d’en sortir. Un seul moyen pour ne pas être aspiré : ne pas y entrer. Dès que l’on détecte la moindre petite violence, refuser d’y répondre. »

« Se montrer fort en face de la violence ne veut pas dire être violent. Se montrer fort prouve que l’on est capable de dompter la violence, de briser le cercle, et cela prouve qu’on veut le faire, qu’on y est décidé. »

« Répondre à la violence par la violence veut dire que nous ressemblons à celui qui agresse, que nous acceptons sa violence, puisque nous nous y mettons, nous aussi. »

« Si on répond à la violence par la non-violence, on dit à celui qui est violent qu’on ne parle pas la même langue que lui. On lui dit qu’on ne comprend pas sa langue, qu’on ne comprend pas le langage de la violence, qu’il ne sert à rien. »

« Un non-violent est quelqu’un qui est agressé par des injustices, par des violences, et qui décide de ne pas utiliser l’arme de la violence pour se battre. C’est quelqu’un qui décide de renoncer à la violence, même s’il continue à être victime d’injustices, même s’il risque sa vie. »

« La non-violence demande beaucoup d’imagination, d’intelligence, de patience et de persévérance. »

« L’escalade de la non-violence a commencé. Le sommet, c’est l’objectif que l’on veut atteindre. Pour l’atteindre, il faut grimper et être capable de faire de plus en plus d’efforts. En franchissant des niveaux de plus en plus difficiles, on montre à l’adversaire qu’on ne plaisante pas : personne ne fournit autant d’efforts pour un simple caprice. La tactique de la non-violence n’est jamais facile ; il faut y croire, s’accrocher, mais elle montre que l’on veut vraiment atteindre le sommet, l’objectif, que le combat est juste, que ça vaut le coup. La non-violence peut faire très peur : voir des milliers de personnes manifester dans le silence, le calme total, est très impressionnant. On sent leur volonté, leur puissance, à travers la force qu’ils montrent en se maîtrisant. Une force bien plus grande que ceux qui cassent tout. »

« Éviter les conflits, cela ne veut pas dire que le monde doit être peuplé de mous, de lâches, de gens qui s’écrasent ou partent en courant dès qu’il y a un désaccord. Au contraire. Cela veut dire un monde peuplé de gens préoccupés de ce qui se passe autour d’eux, de gens présents, attentifs, vigilants, pour détecter les endroits où les conflits sont en train de naître. Des gens capables d’utiliser leur intelligence, leur énergie, leur volonté, leur courage, leur persévérance pour résoudre les problèmes avant qu’ils ne se transforment en conflits. »

On ne peut pas narguer les policiers et se réclamer d’être un non-violent.

Toutefois, l’hymne des Veilleurs étant « l’Espérance », nous pouvons espérer que ce jeune homme se rende compte de ses incohérences, et qu’il choisisse la non-violence pour de bon. La non-violence s’apprend, il existe des techniques à appliquer. Nous pouvons lire Gandhi et tous ceux qui ont expérimenté la non-violence avant nous.

En attendant, on ne peut pas présenter Vivien Hoch comme un Veilleur, car sa démarche n’est pas claire.

Les Veilleurs, c’est un mouvement spontané et naissant dont il faut protéger l’inspiration, qui est fondée sur la non-violence. Il faut faire attention à ceux qui voudraient récupérer le mouvement, pour qu’ils ne le fassent pas tomber dans la violence. Ça pourrait arriver sans même qu’ils le fassent exprès, en étant simplement inconscients de leur propre violence.

Pour finir, je vous laisse lire la belle lettre d’encouragements que le père Daniel-Ange a adressé aux Veilleurs, qui nous ramène à l’essentiel.

Les Veilleurs de l’espérance

VeilleursLe vote solennel de la loi élargissant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe a eu lieu hier, le 23 avril.

Nous aurions pu être tristes, abattus, défaits. Nous aurions pu nous lamenter. Nous aurions pu ranger nos sweats, drapeaux et pancartes.

Et pourtant non, tout le contraire s’est produit. Nous avons continué de manifester, mais surtout, après la manif autorisée par la Préfecture de Police, il y a eu la nuit des Veilleurs. Lire la suite

Chronique d’un changement de civilisation

Les Temps ModernesFrédéric Ozanam se serait-il douté que le 23 avril 2013, soit deux cents ans après sa naissance le 23 avril 1813, la France allait élargir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe ? Je ne tiens pas à faire parler les morts, je ne sais pas ce qu’il aurait dit s’il avait vécu aujourd’hui…

Mais ce qui est vrai est que notre époque a une similitude avec la sienne : la première moitié du XIXeme siècle a été le théâtre d’un grand changement de société. Lire la suite

Au-delà d’un million

La Manif pour tous, avenue de la Grande Armée“Au-delà d’un million, le gouvernement vacille” disait François Mitterrand. Il savait de quoi il parlait. En 1984, son gouvernement avait retiré une loi déjà votée devant une manifestation géante.

Céder devant la pression populaire n’est pas un phénomène rare. Les grands mouvements populaires parviennent généralement à leur fin. Cela est normal : la démocratie ne se joue pas seulement lors des élections, au Parlement ou dans les mécanismes institutionnels. La démocratie est aussi à l’oeuvre dans les corps intermédiaires et dans les collectifs spontanés qui parviennent à rassembler un très large public. Lire la suite

PMA : Valls hésitation

manu vallsManuel Valls est-il contre l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes ?

Dimanche 20 janvier, il a déclaré à l’émission Dimanche+ : « Je ne voterais pas la PMA dans le texte de loi sur le mariage pour tous et l’adoption », après avoir dit un NON ferme à la question : « Si vous étiez député socialiste, voteriez vous en faveur de la PMA, à la fin du mois voire en mars ? » Il a justifié sa position en disant que « La PMA, c’est un sujet extrêmement compliqué » et que cela « mérite un débat approfondi (…) long et fourni. Ce sont des questions très lourdes ».

Intéressantes déclarations, mais font-elles de Manuel Valls un opposant à la PMA ? Non, car son opposition ne porte pas sur la PMA, mais sur l’opportunité d’un vote au Parlement à la fin du mois ou même en mars. Manuel Valls ne se prononce pas sur le fond du sujet mais sur la forme : il réclame un « débat approfondi (…), long et fourni ». Fait-il allusion par là à des Etats-généraux comme ceux mentionnés dans la loi de 2011 sur la bioéthique ? C’est possible et ce serait un changement car nous savons que le gouvernement socialiste en a cure de cette disposition légale…

Mais une autre interprétation de cette « Valls hésitation » est possible : le gouvernement n’est pas à son aise sur ce sujet. Le mariage pour tous, et à plus forte raison la PMA, sont contestés par un mouvement populaire qui a réussi à lever plus d’un million de personnes le 13 janvier. Le gouvernement n’a donc pas le choix, pour faire passer le mariage pour tous et l’adoption, il est obligé de repousser la PMA et de taire, pour l’instant, la gestation pour autrui (GPA). Cela a pour conséquence l’abandon du vote de la PMA dans le même texte que le mariage, et son ajournement à une prochaine loi sur la famille. Avec un débat public et la liberté de vote des députés socialistes ? C’est possible, ce serait alors une forme de compromis visant à prioriser le passage (en force bien-sûr) du mariage pour tous.

Mais ne nous leurrons pas, l’ajournement de la PMA, et le passage sous silence de la GPA, appartiennent à la logique de la grenouille ébouillantée. Comme un pauvre batracien dans une casserole d’eau froide dont la température monte lentement jusqu’à ébullition, l’opinion publique n’est pas brusquée par des mesures sociétales fondamentales survenant d’un seul coup. On procède par étape. Le mariage pour tous et l’adoption d’abord, avec un semi-débat, puis la PMA avec un débat et enfin la GPA remise à plus tard.

Les propos de Valls obéissent très certainement à cette logique. Exactement comme Elisabeth Guigou en 1999 qui voulait faire passer le PaCS en le séparant de la filiation. Son discours vibrant sur la différence des sexes était une manipulation, bien assumée depuis. C’est aussi le cas de Najat Vallaud-Belkacem qui se prononce actuellement contre la GPA, alors qu’elle y était favorable il y a un an… Tout est stratégie, il ne faudrait surtout pas que la grenouille prenne conscience trop vite que l’eau est en train de bouillir.

Le discours anesthésiant de Manuel Valls ne doit pas nous faire oublier une chose essentielle : le mariage, dans le droit civil, est intimement lié à la filiation. Ainsi, le projet de mariage pour tous le lie clairement à l’adoption et à la filiation. Si le mariage est ouvert aux homosexuels, il ouvrira les portes à la PMA. Il serait en effet discriminant que les couples mariés hétérosexuels y aient accès et non les couples mariés homosexuels. Si la PMA est ouverte pour les couples mariés lesbiens, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les couples d’hommes ? Ainsi, la GPA serait automatiquement justifiée pour les couples d’hommes…et finalement pourquoi pas pour tous afin de ne faire aucune discrimination ?

La logique est imparable et la Valls hésitation de Manuel et des socialistes ne fait que retarder les nouvelles lois qu’ils veulent mettre en place. Nouvelles lois qui sont revendiquées clairement par le lobby LGBT, hormis la GPA qui est moins ouvertement dans les tuyaux. Celle-ci est tout de même demandée, il suffit de se référer au document du Monde de 2011, et aux propos de Pierre Bergé, mais l’inter-LGBT et le gouvernement ne la mettent pas en avant : ce sera une étape suivante.

Ainsi, il est logique que, quand on est contre l’adoption, la PMA et la GPA, nous soyons aussi contre le mariage pour tous… Ce qui ne nous empêche pas de proposer à la place une alliance civile qui ne touche pas le régime de la filiation.

Faut-il un référendum sur le mariage pour tous ?

ReferendumLa question du référendum est arrivée au cœur du débat sur le mariage pour tous. Certains députés de l’opposition ont décidé de déposer une motion référendaire. L’idée fait son chemin : en pleine séance de questions au gouvernement, l’opposition a scandé le slogan « Ré-fé-ren-dum »… ils étaient nombreux à le clamer, la formule a du succès.

Le gouvernement tient tête, sa réponse est non, non et non… ce qui s’explique : si le référendum a lieu, les Français sanctionneront le gouvernement au lieu de répondre à la question posée… du moins pour une bonne partie des électeurs. Au vu de la popularité du gouvernement, Hollande-Ayrault préfèrent éviter cette option, en mettant en avant l’impossibilité constitutionnelle d’une telle consultation et non le risque politique.

Nous n’aborderons pas la question de la constitutionnalité du référendum. Le juriste Nicolas Mathey a abordé cette question avec justesse, et la réponse est loin d’être évidente… disons simplement que le référendum n’est « pas impossible ». C’est plutôt la question de l’opportunité que nous allons voir. Lire la suite

1984

Manifestation 24 juin 19841984 est un millésime souvent cité ces derniers temps. Une année symbole évoquée pour deux raisons différentes : la grande manifestation du 24 juin 1984 pour l’enseignement libre, 2 millions de personnes dans la rue qui ont fait reculer le gouvernement de Pierre Mauroy ; mais aussi le célèbre roman de George Orwell : 1984, qui est l’une des plus terrifiantes et prophétiques contre-utopie de l’histoire de la littérature. Lire la suite