Gaz de schiste, OGM et embryons

Conservés dans l'azote liquideLe Parlement a autorisé l’expérimentation sur les embryons humains. Le projet de loi a été voté le mardi 16 juillet. Le gouvernement n’a pas appliqué la loi de 2011 qui impose la tenue d’un grand débat public, des états-généraux, lors de toute modification de la loi sur la bioéthique. Il n’a pas non plus sollicité l’avis du Conseil d’état, ni réalisé une étude d’impact. A l’aide d’un artifice juridique, le gouvernement a, encore une fois, fait fi d’un grand débat public et il s’est arrangé pour que le vote ait lieu en plein été. Ainsi, une loi très importante a été votée en catimini.

La même semaine, l’INRA renonçait à l’expérimentation des OGM en plein champs, faute d’autorisation gouvernementale. Également, François Hollande nous assurait qu’il n’y aurait pas de recherche scientifique en vue de l’exploitation de gaz de schiste en France.

Une telle situation nous interroge car il y a une incohérence : pour les OGM et le gaz de schiste, on renonce à la recherche pour des raisons écologiques, mais pour la recherche sur les embryons, on laisse de côté les questions bioéthiques (qui sont aussi écologiques) pour donner une carte blanche à l’industrie pharmaceutique. Lire la suite

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Le Gouvernement serait-il mal-à-l’aise avec l’écologie ?

Delphine Batho et son successeur, Philippe MartinIl semble que François Hollande ait du mal avec l’écologie… beaucoup de mal même. Le limogeage de Delphine Batho semble confirmer ce malaise. En effet, celle-ci a eu le malheur de critiquer un projet de budget contenant de très grosses coupes au détriment du ministère de l’écologie. Ministère qui se trouve dans la situation peu enviable de plus gros perdant du nouveau budget ! 

Tout un symbole ! Ce qui peut nous laisser penser que le gouvernement Ayrault considère l’écologie comme la cinquième roue du carrosse républicain… et nous le pensons sérieusement, tant cet évènement n’est pas le seul symptôme : avant madame Batho, c’est Nicole Bricq qui a fait les frais d’une éviction pour cause de désaccord avec le gouvernement socialiste sur les forages au large de la Guyane. 

Pour le binôme Hollande-Ayrault un bon ministre de l’écologie serait-il un ministre muet ? Lire la suite

L’écologie pour tous

Un des slogans de la Manif pour TousLe grand mouvement de la Manif pour tous serait-il le point de départ d’une révolution écologique ? Nous pouvons nous poser cette question car Tugdual Derville, un des membres du collectif Manif pour tous, a déclaré :

« Un mouvement “d’écologie humaine” est en train de se lever. » Et il précise : « Nous ne nous battons pas pour notre intérêt propre, mais pour défendre un bien précieux pour tous que nous n’aurions jamais imaginé menacé. Ce bien – le fait que tout être humain est issu de la complémentarité d’un homme et d’une femme – est une réalité qui vient de la nuit des temps. Propre à l’humanité, il est à l’origine de chacun d’entre nous. Or une loi prétend effacer cette réalité. (…) Je vois des similitudes entre ce mouvement et la naissance de l’écologie politique il y a quelques décennies. Au départ, ce fut la rencontre d’associations de défense de milieux naturels menacés et d’experts visionnaires faisant émerger une question que l’on ne pensait pas avoir à se poser un jour : quelle Terre allons-nous laisser en héritage aux générations futures ? À l’époque, beaucoup de chrétiens[1] faisaient d’ailleurs partie de l’aventure. Il est stupéfiant que ceux qui, actuellement, prétendent incarner l’écologie aient oublié ce qui fait l’essence de l’humanité et soient aux antipodes de notre préoccupation. Pourquoi passer sous silence le repère le plus naturel qui soit : que tout enfant vient d’un homme et d’une femme ? La protection des plus vulnérables devrait s’effacer devant la toute-puissance ! »

Tugdual Derville s’interroge devant le positionnement d’Europe-Ecologie-les-Verts (EELV) : comment peut-on défendre, en même temps, l’écologie et un mariage « pour tous » qui permet de créer des filiations fictives ? Pire : EELV défend la procréation médicalement assistée (PMA) qui « fabrique » des enfants coupés de leurs filiations à grands renforts de prouesses biotechnologiques… Les Verts seraient-ils en pleine contradiction ? Lire la suite

PMA : Valls hésitation

manu vallsManuel Valls est-il contre l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes ?

Dimanche 20 janvier, il a déclaré à l’émission Dimanche+ : « Je ne voterais pas la PMA dans le texte de loi sur le mariage pour tous et l’adoption », après avoir dit un NON ferme à la question : « Si vous étiez député socialiste, voteriez vous en faveur de la PMA, à la fin du mois voire en mars ? » Il a justifié sa position en disant que « La PMA, c’est un sujet extrêmement compliqué » et que cela « mérite un débat approfondi (…) long et fourni. Ce sont des questions très lourdes ».

Intéressantes déclarations, mais font-elles de Manuel Valls un opposant à la PMA ? Non, car son opposition ne porte pas sur la PMA, mais sur l’opportunité d’un vote au Parlement à la fin du mois ou même en mars. Manuel Valls ne se prononce pas sur le fond du sujet mais sur la forme : il réclame un « débat approfondi (…), long et fourni ». Fait-il allusion par là à des Etats-généraux comme ceux mentionnés dans la loi de 2011 sur la bioéthique ? C’est possible et ce serait un changement car nous savons que le gouvernement socialiste en a cure de cette disposition légale…

Mais une autre interprétation de cette « Valls hésitation » est possible : le gouvernement n’est pas à son aise sur ce sujet. Le mariage pour tous, et à plus forte raison la PMA, sont contestés par un mouvement populaire qui a réussi à lever plus d’un million de personnes le 13 janvier. Le gouvernement n’a donc pas le choix, pour faire passer le mariage pour tous et l’adoption, il est obligé de repousser la PMA et de taire, pour l’instant, la gestation pour autrui (GPA). Cela a pour conséquence l’abandon du vote de la PMA dans le même texte que le mariage, et son ajournement à une prochaine loi sur la famille. Avec un débat public et la liberté de vote des députés socialistes ? C’est possible, ce serait alors une forme de compromis visant à prioriser le passage (en force bien-sûr) du mariage pour tous.

Mais ne nous leurrons pas, l’ajournement de la PMA, et le passage sous silence de la GPA, appartiennent à la logique de la grenouille ébouillantée. Comme un pauvre batracien dans une casserole d’eau froide dont la température monte lentement jusqu’à ébullition, l’opinion publique n’est pas brusquée par des mesures sociétales fondamentales survenant d’un seul coup. On procède par étape. Le mariage pour tous et l’adoption d’abord, avec un semi-débat, puis la PMA avec un débat et enfin la GPA remise à plus tard.

Les propos de Valls obéissent très certainement à cette logique. Exactement comme Elisabeth Guigou en 1999 qui voulait faire passer le PaCS en le séparant de la filiation. Son discours vibrant sur la différence des sexes était une manipulation, bien assumée depuis. C’est aussi le cas de Najat Vallaud-Belkacem qui se prononce actuellement contre la GPA, alors qu’elle y était favorable il y a un an… Tout est stratégie, il ne faudrait surtout pas que la grenouille prenne conscience trop vite que l’eau est en train de bouillir.

Le discours anesthésiant de Manuel Valls ne doit pas nous faire oublier une chose essentielle : le mariage, dans le droit civil, est intimement lié à la filiation. Ainsi, le projet de mariage pour tous le lie clairement à l’adoption et à la filiation. Si le mariage est ouvert aux homosexuels, il ouvrira les portes à la PMA. Il serait en effet discriminant que les couples mariés hétérosexuels y aient accès et non les couples mariés homosexuels. Si la PMA est ouverte pour les couples mariés lesbiens, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les couples d’hommes ? Ainsi, la GPA serait automatiquement justifiée pour les couples d’hommes…et finalement pourquoi pas pour tous afin de ne faire aucune discrimination ?

La logique est imparable et la Valls hésitation de Manuel et des socialistes ne fait que retarder les nouvelles lois qu’ils veulent mettre en place. Nouvelles lois qui sont revendiquées clairement par le lobby LGBT, hormis la GPA qui est moins ouvertement dans les tuyaux. Celle-ci est tout de même demandée, il suffit de se référer au document du Monde de 2011, et aux propos de Pierre Bergé, mais l’inter-LGBT et le gouvernement ne la mettent pas en avant : ce sera une étape suivante.

Ainsi, il est logique que, quand on est contre l’adoption, la PMA et la GPA, nous soyons aussi contre le mariage pour tous… Ce qui ne nous empêche pas de proposer à la place une alliance civile qui ne touche pas le régime de la filiation.

L’alibi de l’homophobie

Manif LGBT« L’homosexualité perçue de manière positive par 90% des Français.» C’est la conclusion du sondage Ifop diffusé le 14 décembre par France Inter. Bien sûr ce n’est qu’un sondage, mais il a été effectué par un grand institut et commandé par une association gay. Il ne peut donc être soupçonné de manipulation en faveur d’organisations hostiles au lobby LGBT qui affirmeraient qu’il n’y a presque plus d’homophobie en France. Ce chiffre révèle une très nette évolution en faveur des personnes homosexuelles : en 1996, seuls 67% des sondés étaient de cet avis, et en 1986, 54%. Cette opinion favorable indique un net recul de l’homophobie, ce qui est une excellente nouvelle.

Nous pouvons comparer ce chiffre avec ceux concernant l’opinion vis à vis du mariage pour tous et de l’homoparentalité. Le plus récent est le sondage Ifop du 16 décembre : 60% des sondés sont pour l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe, et 46% sont favorables à l’adoption. Mais alors, pouvons-nous conclure que les 40% de sondés qui ne sont pas favorables au mariage pour tous, et que les 54% en désaccord avec la possibilité d’adopter sont de funestes homophobes ? Non, car si on en croit le premier sondage, qui dit que 90% des Français perçoivent l’homosexualité de manière positive, les 40% de personnes opposées au mariage pour tous, et les 54% qui sont opposés à l’adoption devraient être contenus dans les 10% qui ne perçoivent pas l’homosexualité de manière positive, si c’était le cas.  Lire la suite

Mariage pour tous : pour des états-généraux de l’enfant

Le gouvernement semble déterminé à faire voter le projet de loi sur le mariage pour tous et l’homoparentalité sans organiser de débat national. Malgré un ajournement du projet à janvier 2013, nous ne voyons pas venir de grand débat, d’états-généraux de la famille traitant de la question essentielle de l’enfant adopté, ou procréé avec assistance médicale, au sein d’un couple homosexuel marié.

Il s’agit d’un fâcheux oubli, parce qu’une telle démarche ne peut pas faire l’impasse d’un débat national à cause de la loi de 2011 sur la bioéthique, mais aussi en raison des promesses du candidat Hollande de respecter les corps intermédiaires. Lire la suite