DSK : pas de confession mais une conspiration.

Que faisiez-vous dimanche soir ? 13.4 millions de français répondent : devant le journal de Claire Chazal pour regarder l’interview « come back » de DSK. Pas moi ! J’ai préféré passer un moment avec des amis. Je me suis donc contenté d’une vision en différé sur le net et des commentaires de la presse. 

Un record, prévisible, d’audience. Une aubaine pour TF1 ! Et pour DSK aussi : Claire Chazal est une bonne amie d’Anne Sinclair, il ne prenait donc aucun risque. A cela s’ajoute, une préparation en béton par des professionnels dela communication. DSK a bien organisé sa soirée « confession » comme les médias l’on qualifié. Mais était-ce une confession ? Il n’a rien avoué, rien regretté. Une « contrition imparfaite » dirait un théologien. Et j’ajouterais même une anticontrition tant cette entrevue ne contenait ni aveu, ni remord. Il n’a fait que se justifier en affirmant qu’il n’y avait aucune preuve. 

En revanche, il agité la théorie du complot…DSK se prendrait-il pour JFK ? En faisant allusion à un coup monté, il se présente en victime d’un ennemi invisible qui lui aurait tendu un piège avec la complicité du groupe Accor et avec de nombreux relais médiatiques comme l’Express qu’il qualifie de tabloïd. Et voila une belle théorie de complot comme les Américains les aiment ! Un « Waterbraguette » sauce FMI ! On passe du feuilleton de l’été style « Les Experts » au film de la rentrée genre « X-Files » ! 

Evidemment tout ceci est absurde. Le conspirationnisme est une aberration, le produit d’esprits perturbés. Bien sur, cette affaire est tombée exactement au plus mauvais moment pour lui (et au meilleur pour ses adversaires). Mais si DSK n’était pas un pervers sexuel, un malade de la libido, est-ce qu’un tel évènement aurait pu avoir lieu ? 

Personne ne nie la boulimie sexuelle de Dominique Strauss-Kahn. Personne n’a nié le « contact physique » entre la femme de chambre et l’ex-directeur du FMI. 

La seule véritable question est le consentement de la relation. Dans son article : DSK, du viol en zone grise, Koztoujours évoque ce sujet et l’ambigüité que cela implique. Vous connaissez déjà mon opinion : je ne crois pas en l’innocence de cet homme. 

Et ce n’est pas avec une abracadabrantesque thèse conspirationniste (sans preuve évidemment) que je vais changer d’avis.

Publicités

Le parti des éléphants.

L’affaire DSK semble être close. Le procureur de NewYork, Cyrus Vance Jr à conclu l’affaire en abandonnant les poursuites. Le passé louche de Nafissatou Diallo semble avoir eu raison des arguments de celle-ci… Néanmoins de nombreuses zones d’ombres subsistent et toute cette histoire laisse un goût amer de déni de justice…

 « Que vous soyez puissant ou misérable, vous serez jugé blancs ou noirs » disait La Fontaine au XVIIème siècle. C’est toujours d’actualité, la femme de chambre africaine, immigrée, installée dans le pire quartier de New York, arrondissant peut-être ses fins de mois en se prostituant n’a pas pu se défendre contre un des hommes les plus puissants au monde. Le richissime Directeur du FMI contre la femme de chambre noire : les jeux étaient déjà joués.

 Sur le fond de l’affaire je ne reviendrai pas dessus. Le blogueur Koztoujours a rédigé un excellent article sur les « zones grises » du dossier : http://www.koztoujours.fr/?p=12868. Mais c’est surtout sur les amis de DSK que je souhaite parler.

 Il y a une contradiction monumentale dans cette affaire : nous avons un homme blanc, très riche, Européen, vivant dans les quartiers les plus huppés, dirigeant une puissante organisation internationale contre une femme noire, immigrée, prolétaire, vivant dans un quartier pauvre au milieu de jeunes désœuvrés.  Et cette affaire est une affaire où est en jeu la dignité d’une femme dans son corps, où sa liberté de disposer librement de son corps a été bafouée. Les féministes et les socialistes auraient dû prendre fait et cause pour Nafissatou Diallo. La Gauche a pour vocation de défendre le faible contre le fort, le pauvre contre le riche. Les droits des immigrés, la dignité de la femme et sa liberté (y compris sexuelle) font parti des grands combats de la gauche ! Et que voyons-nous ? Des éléphants du PS défendre un richissime blancs accusé de trousser une pauvre africaine… Une histoire d’abus de femmes de ménages digne des romans d’Emile Zola !

 Bien sûr tous n’ont pas défendus DSK. Tous ne se sont pas satisfaits de ce « non-lieu ». Michel Rocard a évoqué une « maladie », le mouvement Oser le Féminisme a, depuis le début, eut une attitude prudente rappelant qu’il ne fallait pas oublier la victime présumée…Mais l’attitude des « amis » de DSK, Martine Aubry en tête est choquante. Mme Aubry laisse très clairement ouverte la porte du PS à Strauss-Kahn et elle avait même envisagée une possibilité pour DSK de se présenter aux primaires…Une attitude contraire aux idées du PS.

 L’affaire DSK n’a pas été jugée, il y a juste eu un « abandon des poursuites » par Cyrus Vance. Nous ne saurons sans doute jamaisla vérité… Un doute subsistera toujours.

 En revanche, les doutes sur le PS n’existent plus : il n’est plus le parti de la justice sociale, mais celui des richissimes éléphants.