Les Veilleurs de l’espérance

VeilleursLe vote solennel de la loi élargissant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe a eu lieu hier, le 23 avril.

Nous aurions pu être tristes, abattus, défaits. Nous aurions pu nous lamenter. Nous aurions pu ranger nos sweats, drapeaux et pancartes.

Et pourtant non, tout le contraire s’est produit. Nous avons continué de manifester, mais surtout, après la manif autorisée par la Préfecture de Police, il y a eu la nuit des Veilleurs. Lire la suite

Frédéric Ozanam et la Société de Saint Vincent de Paul

Ozanam23 avril 1833. Ce jour là, Frédéric Ozanam fête ses vingt ans. Il aurait pu les fêter comme tous les étudiants de son temps : avec ses camarades de la Sorbonne dans une taverne du quartier latin. Ou bien il aurait pu choisir une atmosphère plus « balzacienne », en fréquentant un très chic salon au milieu de jeunes gens de « bonnes familles ».

Mais non, ce jour là sera différent, car avec sept autres amis, ils ont décidé de se rassembler à l’actuel 38 rue St Sulpice, au siège du journal la Tribune Catholique, pour répondre à un appel… Lire la suite

Chronique d’un changement de civilisation

Les Temps ModernesFrédéric Ozanam se serait-il douté que le 23 avril 2013, soit deux cents ans après sa naissance le 23 avril 1813, la France allait élargir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe ? Je ne tiens pas à faire parler les morts, je ne sais pas ce qu’il aurait dit s’il avait vécu aujourd’hui…

Mais ce qui est vrai est que notre époque a une similitude avec la sienne : la première moitié du XIXeme siècle a été le théâtre d’un grand changement de société. Lire la suite

Frédéric Ozanam, historien

Ozanam« Pendant que les catholiques s’arrêtaient à la défense de la doctrine, les incroyants s’emparaient de l’histoire. (…) Il nous faut reconquérir ce domaine qui est à nous, puisque nous le trouvons défriché de la main de nos moines, de nos bénédictins, de nos bollandistes[1]. Ces hommes pieux n’avaient pas cru leur vie mal employée à pâlir sur les chartes et les légendes. (…) je veux montrer le bienfait du christianisme dans ces siècles mêmes dont on lui impute les malheurs.[2] » 

Ainsi parlait Frédéric Ozanam en ce vendredi saint de l’année 1851, dans l’avant propos de son cour sur la civilisation au Vème siècle. Dans ce long texte introduisant son enseignement à la Sorbonne, Frédéric Ozanam nous délivre un émouvant testament spirituel et intellectuel. Spirituel, car il y relate son adolescence difficile, où il avait perdu la foi, et sa conversion grâce à l’abbé Noirot. Intellectuel, car il nous livre les raisons profondes de son travail universitaire, de sa double vocation de chercheur et d’enseignant.  Lire la suite

Et si on (re)découvrait Frédéric Ozanam ?

Frédéric OzanamLa société de Saint Vincent de Paul fête cette année le bicentenaire de la naissance de son principal co-fondateur : Frédéric Ozanam. Né en 1813, il a fondé, avec quelques amis, la première « conférence de charité » en 1833, et il est mort en 1853. 2013 est donc un triple jubilé : bicentenaire de sa naissance, 180 ans de la société de saint Vincent de Paul, 160 ans de l’entrée au ciel de Frédéric. 

Ozanam n’est pas encore très connu et c’est bien dommage car il a une personnalité passionnante. 

Je l’ai personnellement découvert en 1997, lors des Journées mondiales de la jeunesse de Paris. Frédéric Ozanam a été béatifié à cette occasion par Jean-Paul II, à Notre-Dame. Cette rencontre a été pour moi décisive. J’avais 18 ans. J’étais un grand adolescent en quête de vérité et de justice sociale. L’heure était à la contestation et plusieurs fois il m’arrivait de remettre sérieusement en question l’éducation catholique que j’avais reçue. La foi en Dieu restait intacte, mais c’était avec l’Eglise que j’étais en froid… c’est ainsi que je suis allé aux JMJ avec des pieds de plomb. 

L’évènement des JMJ, les enseignements reçus, l’image de ce pape au corps épuisé mais à l’esprit jeune et flamboyant qui appelle à « construire la civilisation de l’amour », tout cela m’a bouleversé. Je m’étais réconcilié avec l’Eglise. J’avais découvert sa dimension prophétique, la puissance de son message dans un monde en pleine mutation. 

L’appel de Jean-Paul II à construire la civilisation de l’amour était accompagné d’un exemple concret : la vie et la personne de Frédéric Ozanam. Le bienheureux Ozanam est bien différent des autres saints de l’Eglise. Laïc, marié, père de famille, tour à tour avocat, professeur de droit puis professeur de lettres à la Sorbonne, il était engagé dans la société française du début du XIXème siècle. Il avait un engagement social avec la fondation des conférences de Saint Vincent de Paul, un engagement politique avec sa participation active à la révolution de 1848, un engagement intellectuel avec son travail de recherche en histoire des religions. Tous ses engagements étaient habités, motivés, par une foi ardente et un immense amour du Christ et de son Eglise. 

Ozanam était un citoyen, témoin des changements de son temps qui ont engendré le monde moderne que nous connaissons. Cet exemple est peut-être un des plus parlant pour quiconque souhaite s’engager dans la Cité aujourd’hui. C’est sans doute cet aspect qui m’a le plus marqué chez lui : le citoyen et, soyons clair, le révolutionnaire républicain de 1848. Ozanam n’a pas eu peur de dire que la devise « Liberté, égalité, fraternité » est « l’avènement temporel de l’Evangile » alors que bon nombres de catholiques étaient monarchistes. Ozanam a pris position en faveur de la démocratie alors que ce régime était mal perçu par l’Eglise. Ses choix audacieux ont fait de lui un visionnaire : il a anticipé, et inspiré, la doctrine sociale de l’Eglise, il a contribué à la fondation de la démocratie chrétienne

Ozanam était aussi un ardent défenseur de l’Eglise, même s’il se permettait quelques critiques… il était un évangélisateur et non un propagandiste, un prophète et non un petit soldat. Intellectuel engagé, il a été un historien pionnier dans la réhabilitation d’un Moyen-âge trop souvent caricaturé.

Cette grande figure mérite d’être redécouverte tant elle peut être une source d’inspiration pour aujourd’hui. Sa manière d’être, à la fois audacieuse et loin des extrémismes, ferme et non-violente, à l’écoute de ses adversaires mais toujours dans le respect, fidèle à l’Eglise mais avec un esprit critique constructif, tout cela fait d’Ozanam un personnage exemplaire pour notre époque riche de débats passionnés et d’enjeux cruciaux. 

Pour mieux le connaître, je diffuserai dans les semaines à venir, quelques articles sur différents aspects de la vie et de la personnalité de Frédéric Ozanam. Il s’agira de quelques réflexions sur certains épisodes de sa vie, certains de ses ouvrages ou encore sur certaines facettes de ce personnage très riche. 

A suivre !