Mauvais genre…

L’idéologie du genre connaît un drôle de succès auprès des éditeurs de manuels scolaires. Belin, Hachette, Bordas, Hatier et le guère prophétique Nathan ont eu la curieuse idée d’insérer la doctrine du « gender » dans les livres portant sur les cours de Science de la Vie et de la Terre de Première. Bien étrange idée car la théorie du gender est tout sauf une doctrine scientifique. Nous sommes très loin de la biologie car cette théorie considère que les sexes ne sont pas des réalités physiques mais des constructions culturelles…On ne naît pas homme ou femme, mais on le devient ! Cette théorie justifie toutes les revendications dites « LGBT » (comme Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transsexuelles) que sont par exemple l’homoparentalité, la reconnaissance du transsexualisme etc.  

Cette théorie opère une dissociation totale entre le corps et l’esprit de la personne. Un des manuels incriminés dit ceci : « le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et le contexte socioculturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre. » Donc, selon eux, le genre de la personne n’est pas déterminé par son sexe physique. Il y a donc un sexe du corps et un sexe de l’esprit et c’est celui de l’esprit qui doit l’emporter. Pour les défenseurs du « gender », la culture détermine totalement le sexe de l’esprit (appelé « genre ») et cela dès l’enfance avec des codes couleurs (rose pour les filles, bleu pour les garçons), des activités et des jeux différenciés (poupées pour les filles, jeux de guerres pour les garçons). Ils sont donc opposés à toute culture établissant une différence entre les sexes puisque selon eux, ce système induit les inégalités hommes/femmes et empêche les personnes de choisir librement leur genre… 

La théorie du genre n’a rien de scientifique puisqu’elle n’est pas du tout reconnue par les biologistes. C’est une théorie défendue uniquement par certains psychologues, sociologues et quelques philosophes…Parler d’idéologie serait plus exacte tant le « genre » est éloigné d’une démarche rationnelle « académique » et au vue de l’énergie que mettent ses promoteurs à en propager le contenu. Inutile de préciser que cette idéologie est en dépit du bon sens car il dissocie totalement le corps de l’esprit…en psychiatrie cela s’appelle la schizophrénie, et concrètement un homme persuadé d’être une femme ne pourra jamais changer de corps. Là est toute la tragédie des transsexuels : leur opération est une mutilation, ils ne pourront jamais enfanter, ni ressentir du plaisir sexuel. La conséquence est le taux de suicide extrêmement élevé chez eux… Devons nous encourager de telles opérations ? Pour un médecin cela est contraire au Serment d’Hippocrate, pour un politique cela est un mensonge de plus… 

Enseigner aux lycéens la sexualité à travers la théorie du genre est clairement néfaste. L’adolescence est une période difficile, l’ado se construit, se rebelle pour parvenir a son existence propre et tous ses repères sont mis à mal par sa soif d’autonomie. Une éducation mal faite, de mauvaises rencontres et cela peut conduire à de terribles descentes aux enfers. Le nombre de suicide de jeunes est très élevé…Mettre la théorie du genre dans la tête d’un jeune qui n’est pas encore construit ne va pas l’aider, bien au contraire. 

Cette insertion dans les manuels scolaires a créé un tollé. L’Eglise catholique, l’enseignement libre, mais aussi des intellectuels chrétiens se sont élevés contre une telle démarche. 

L’opposition à cette insertion a suscité une réaction au sein de la majorité gouvernementale. Quatre-vingts députés pro gouvernement ont protesté auprès de Luc Chatel, Ministre de l’éducation nationale. La réponse de Luc Chatel ne s’est pas fait tarder :  »Ce n’est pas le ministre de l’Education qui exerce droit de vie et de mort sur un manuel », tout en niant que les manuels fasse l’apologie de la théorie du genre…  Voila une argumentation qui ne convainc personne, surtout pas Hervé Mariton, député UMP de la Drôme et signataire de la protestation : « La réaction du ministre montre qu’il n’a pas envie de prendre ses responsabilités, mais il ne peut pas y échapper et nous allons bien lui faire comprendre. Les éditeurs de manuels scolaires rédigent leurs ouvrages avec les indications et le contrôle du ministre. Et le ministre agit sous le contrôle du Parlement. »

Le bon sens semble davantage du côté d’Hervé Mariton, en décidant du contenu du programme, le ministre de l’éducation oriente les manuels scolaires. C’est évident…Il semblerait que Luc Chatel prenne les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages… 

Du côté de la gauche la réaction n’est pas surprenante : ils soutiennent les éditeurs de manuels scolaires. La gauche est le principal soutien de l’idéologie des « nouvelles mœurs » depuis qu’elle n’est plus capable d’assurer la justice sociale (voir ma note « Le parti des éléphants »)… 

Mais comment avons-nous pu en arriver là ? Ne plus savoir qu’est ce qu’un homme et une femme ? 

Patrice de Plunkett avance une explication : « Cependant, il est irréaliste d’en déduire que le masculin et le féminin en eux-mêmes n’existent pas. Cette déduction relève de l’idéologie hyper-individualiste, virtualiste, autiste, caractéristique de la société occidentale du capitalisme tardif : idéologie qui s’acharne à dissoudre tout ce qui relie la personne à des ensembles : le politique (la cité), la culture (le patrimoine), ou même la structure anthropologique fondatrice (l’identité sexuée). Dissolution qui laisse l’individu orphelin, déshérité, livré à ses fantasmes manipulés par tous les marketings. »

Et il ajoute encore :

« Alors comment se fait-il que la théorie du « genre », apothéose de l’artificiel, soit incorporée à des manuels de « sciences de la vie et de la terre »? Les manuels scolaires de 2011 ne voient pas cette contradiction. Myopie bien contemporaine : le virtuel remplace le concret, l’artifice remplace le réel, pour que la lucidité (le principe de réalité) ne puisse plus faire contrepoids aux « pulsions ». Il y a un lien entre les délires sur la condition humaine et les mécanismes économiques actuels. Et plus qu’un lien : une relation de cause à effet… Ce malaise dans la civilisation vient de la tyrannie du « marketing de toutes les pulsions », qui nous oblige à marcher sur la tête dans tous les domaines. » 

L’avancée de l’idéologie du genre semble donc être un signe de notre temps, de notre société hyper consumériste. Mais tout n’est pas perdu, loin de là. Nous pouvons nous réjouir de l’action de ces quatre-vingts députés ainsi que de la réaction de chrétiens engagés. Reste maintenant à continuer…

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