Suicide d’une société

Une révolution sociétale est en cours. Les réponses que nous apporterons aux différentes questions de société qui agitent le monde d’aujourd’hui façonneront la civilisation de demain…alors autant ne pas se tromper.

L’euthanasie est une de ces questions. Nystagmus l’a très bien abordé dans deux récents articles et je souhaiterais rebondir là-dessus. Je suis entièrement de son avis quand elle évoque la confusion entre liberté et droit de mourir. En effet, rien n’empêche une personne de se suicider… mais en aucun cas, mettre fin à ses jours est un droit de l’Homme qui devrait être garanti par les pouvoir publics.

Le suicide est une tragédie, un fléau et des associations, l’Etat, mettent en place des dispositifs de prévention du suicide…et ne pas venir en aide à un suicidaire tentant l’irréparable est une « omission à l’obligation de porter secours » sanctionnée par la loi.

Faire du suicide un « droit » revient à effectuer un retournement sociétal à 180 degrés. Imaginez un monde où se donner la mort serait un droit, un droit tel que nous pourrions demander l’assistance d’un tiers pour appuyer sur la détente… Un droit tel que celui qui oserait intervenir pour sauver la vie du suicidaire se trouverait derrière les barreaux… Nous aurions alors des « Magasins du suicide » qui fleuriraient partout, vendant des cordes, des pistolets à un coup, des barbituriques, le tout livré avec une réédition de « Suicide mode d’emploi ».

Science-fiction ? J’espère que oui, et pourtant, si nous ne faisons rien nous prendrons le chemin de cette société atroce. Je me rappelle de discussions, de « débats » avec de brillants étudiants en droit engagés au sein d’un parti du centre, il y a quelques années. Tous ces petits jeunes bardés de diplômes défendaient la dépénalisation de l’euthanasie…la majorité d’entre eux en était favorable. Leurs arguments ? Chacun fait ce qu’il veut de son propre corps, s’il veut mourir…c’est son droit ! J’étais outré, scandalisé et j’ai demandé à l’un des leurs : « Donc si quelqu’un veut se jeter d’un pont devant vous, vous ne ferez rien ? » réponse du jeune homme : « S’il veut vraiment mourir, je le laisserai plonger. » Voilà le genre de réflexion que l’on trouve dans ces « débats citoyens »…et ce n’est pas un cas isolé, loin de là !

Voulez-vous de ce monde où on laisse crever quelqu’un qui n’en peut plus… au nom de sa « liberté » ? Non, moi je n’en veux pas.

Faire du suicide un droit fondamental revient à ériger une statue au désespoir et à faire de la mélancolie un des piliers de notre société.

L’euthanasie marquera une étape majeure vers cette société du désespoir. Se donner la mort ne sera plus un tabou, mais un droit qui pourra, à l’avenir, être étendu.

Réagissons pendant qu’il est encore temps.

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