Les origines de la liberté, l’émergence de l’esprit dans le monde naturel

Les origines de la LibertéLa science a fait de vertigineux progrès. Aujourd’hui, la technique permet à l’Homme de regarder de près l’activité du cerveau. Nous pouvons le voir en train de penser ! Il s’agit d’une révolution. Les neurosciences peuvent nous conduire à une conclusion « réductionniste », c’est-à-dire où la pensée, l’esprit humain, seraient réduits à l’activité cérébrale. C’est tout du moins ce que peuvent induire les récentes découvertes sur le fonctionnement du cerveau humain. Ainsi, notre époque est tentée par une conception matérialiste de la vie et de l’Homme : l’âme serait matière, l’intelligence humaine serait le fruit d’une évolution hasardeuse et d’une sélection naturelle. L’Homme serait doué de pensée parce que cela aurait facilité la vie de nos ancêtres primates. Un tel raisonnement remet en question toute la philosophie, toutes les religions et pose à l’Homme des questions vertigineuses : quel est le sens de notre vie, sommes-nous libres ?

Dans son livre «les origines de la liberté, l’émergence de l’esprit dans le monde naturel », le philosophe Philip Clayton[1] attaque ces questions de front autour d’une problématique fondamentale : sommes-nous vraiment libres ou le libre arbitre que nous nous attribuons n’est-il qu’une illusion ? Cette question contient en elle toutes celles touchant à notre destinée, le sens de notre existence sur terre et celle de notre âme et de notre corps. Clayton est un philosophe et un théologien chrétien. Il ne rejette aucune science, bien au contraire il les accueille en toute objectivité et il pose une réflexion de philosophe sur les conséquences de ces découvertes sur les questions existentielles. Il nous conduit au fil des pages dans un raisonnement démontrant les limites des théories réductionnistes. Il développe une thèse « émergentiste » qui n’élimine pas le spirituel et pour qui le libre-arbitre est toujours d’actualité. Cet ouvrage est remarquable pour ceux, croyants ou non, qui sont intéressés par le rapport entre science et foi.

Voici quelques extraits :

« La préemption de la question de la liberté humaine s’est considérablement accrue ces dernières années en raison du développement de la psychologie évolutionniste et des nouveaux défis que lancent les neurosciences aux théories plus traditionnelles de la liberté. Je soutiens, tout au long de ce livre, que cette nouvelle attaque figure parmi les menaces les plus profondes qui aient été avancées dans toute l’histoire du problème que soulève la liberté dans la pensée occidentale. Les « neurophilosophes » (ou philosophes des neurosciences) d’aujourd’hui, en présentant des réponses basées sur des données, ne font pas que contester les concepts utilisés par les défenseurs traditionnels du libre arbitre ; leurs arguments tendent également, en effet, à invalider plusieurs des hypothèses sur lesquelles étaient basées nombre des justifications traditionnelles de la liberté humaine. » (…)

« L’aptitude de l’homme à se lier aux autres, à communiquer, à se forger des représentations des autres et de lui-même et à participer à des réseaux sociaux et culturels complexes, s’enracine indéniablement dans le monde biologique. Ces racines et fonctions biologiques continuent à influencer même les interactions humaines extrêmement complexes et évoluées. Mais la biologie seule ne peut tout expliquer. Les structures biologiques sont des conditions nécessaires mais non suffisantes à la pensée symbolique et à l’action. Comme Greenspan et Shanker le notent : 

« Chez les êtres humains […] même les outils d’apprentissage doivent être assimilés et réassimilés par chaque nouvelle génération. Cela inclut l’aptitude à assister l’autre et à interagir avec les autres, à se lier sur les plans affectifs et sociaux, à élaborer des modèles complexes, à organiser l’information de façon symbolique et à utiliser des symboles pour penser. Ces « outils » nous permettent de développer des connaissances, la sagesse et l’empathie. Ce sont également des moyens concédant une protection, une sécurité et des organisations sociales et politiques efficaces. » »


[1] Philip Clayton est un philosophe des sciences, américain, doyen de l’université Claremont en Californie.

Les origines de la Démocratie-chrétienne : L’Avenir en 1830.

La Démocratie chrétienne est née avec l’époque contemporaine, ou plutôt elle en est la conséquence. Son point de départ reconnu par les historiens est l’année 1830 avec le journal l’Avenir, fondé par l’abbé Gerbet et avec comme figure dominante l’abbé Félicité de la Mennais dit « Lamennais » ou encore « Monsieur Féli ». Point de départ ? Oui, mais pas sous la forme d’un parti constitué, ni d’un corpus doctrinal. C’est davantage l’apparition d’idées démocrates chrétiennes.  Lire la suite