L’écologie est un humanisme

Le changement climatique est un sujet polémique qui ne manque jamais de déchaîner les passions. La raison en est simple : les enjeux sont colossaux et l’Homme est pointé du doigt comme étant le responsable d’une catastrophe annoncée depuis longtemps… 

Tibor Skardannelli a écrit, sur Tak.fr, un intéressant article sur le sujet : Climat, le soleil fait tâche. Excellent papier… avec lequel j’ai quelques divergences qu’il me pardonnera j’en suis convaincu. 

Scientifique d’abord 

En premier lieu je suis entièrement d’accord sur le fait que la réalité, la science, doit primer sur l’idéologie. Les travaux d’Henrik Svensmark sur le rayonnement solaire doivent être encouragés, de même que la recherche scientifique en général…Néanmoins ces travaux n’invalident aucunement le facteur anthropique du changement climatique pour une raison simple : l’activité humaine est colossale, l’émission par l’Homme de gaz à effets de serre est gigantesque…cela ne peut pas être neutre, c’est tout bonnement impossible. C’est la conclusion du GIEC, mais aussi celle de nombreux scientifiques. 

Bien sûr, il existe des idéologies « écologistes » qui sont distinctes d’une écologie qui est, avant tout, une science. Cette science étudie l’environnement, « notre maison » ce qui se dit « éco » en grec. Dégagée d’idéologies radicales qui voudraient une humanité peu nombreuse vivant à l’âge de pierre, l’écologie devient alors la meilleure amie de l’Homme, une discipline nous donnant des clés pour vivre mieux. 

Le danger de la permissivité 

Le danger que fait courir le « climatosceptiscisme » est justement de faire croire que l’Homme peut continuer de cracher dans l’atmosphère tout ce qu’il veut sans qu’il n’y ait aucune incidence sur l’environnement… Terrible permissivité qui nous mène clairement à la catastrophe. Permissivité qui repose sur un mensonge car, même si ce n’est pas la seule cause, le facteur anthropique est une réalité… et cela ne concerne pas seulement le changement climatique. 

En effet, la question écologique ne se résume pas au « réchauffement » de la Terre. Biodiversité (avec entre autre l’extinction des abeilles et autres pollinisateurs), pollution des eaux, pollution des villes, trous dans la couche d’Ozone, radioactivité mais aussi nourriture de mauvaise qualité, le problème écologique est vaste et ces différentes problématiques (non-exhaustives) sont essentiellement dues à l’activité humaine et elles menacent directement l’espèce humaine…l’enjeu est de taille, si nous ne faisons rien, nous prenons le risque de vivre sur une planète inhabitable avec, en prime, la quasi-disparition de nos ressources naturelles… Ce discours n’est ni une vision apocalyptique, ni un antihumanisme malthusien : c’est un appel à la responsabilité. 

L’Homme n’est pas un dieu. Dire cela n’est pas une misanthropie bien au contraire. Je suis favorable au développement économique et scientifique de l’Homme, mais pour que ce développement soit réel, soutenable dans le temps (je n’ose pas dire durable), il faut prendre en compte les limites auxquelles nous sommes confrontés. L’illimité n’existe pas, ni en amont en ce qui concerne nos ressources, ni en aval en ce qui concerne la capacité de la nature à « digérer » nos rejets. L’écologie est justement cette science qui nous permet d’évaluer ces limites et d’apporter des solutions à ce problème. 

Vraie et fausse écologie 

Une science, pas une idéologie…d’où mon désaccord profond avec des organisations soi-disant écologistes comme Europe-écologie-les-Verts. EELV a un discours libertaire, permissif et sous certains aspects « ultralibéral ». Ils semblent plus préoccupés par la légalisation du cannabis que par la biodiversité, plus acharnés à défendre l’homoparentalité que la recherche sur les nouvelles énergies, plus attachés aux loups qu’aux paysans… Bien au contraire, je trouve que les écologistes de droite sont souvent plus convaincants. Le Grenelle de l’environnement, malgré ses limites et ses résultats discutables (les éoliennes ne sont pas ma tasse de thé), a été un vrai effort écologique et a créé une dynamique positive. 

L’écologie ne se limite pas à quelques malthusiens verts. Les papes Jean-Paul II et Benoît XVI, que l’on ne peut taxer ni de malthusianisme, ni d’idéologie antihumaine, sont de véritables écologistes. Benoît XVI a fait installer des panneaux solaires sur la Cité du Vatican, et le Saint siège possède une forêt bioclimatique en Hongrie qui compense à 100% les émissions carbones du petit pays. Ainsi, le Vatican est l’Etat le plus écologique au monde. Il est certain que c’est plus facile pour un pays de 44 hectares, mais le symbole est puissant et le message du Pape est très clair. Jean-Paul II était aussi un très grand écologiste, un pape vert. Il disait, dans son encyclique sociale Centesimus annus : « A côté du problème de la consommation, la question de l’écologie, qui lui est étroitement connexe, inspire autant d’inquiétude. L’homme, saisi par le désir d’avoir et de jouir plus que par celui d’être et de croître, consomme d’une manière excessive et désordonnée les ressources de la terre et sa vie même. A l’origine de la destruction insensée du milieu naturel, il y a une erreur anthropologique, malheureusement répandue à notre époque. L’homme, qui découvre sa capacité de transformer et en un sens de créer le monde par son travail, oublie que cela s’accomplit toujours à partir du premier don originel des choses fait par Dieu. Il croit pouvoir disposer arbitrairement de la terre, en la soumettant sans mesure à sa volonté, comme si elle n’avait pas une forme et une destination antérieures que Dieu lui a données, que l’homme peut développer mais qu’il ne doit pas trahir. Au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l’œuvre de la création, l’homme se substitue à Dieu et, ainsi, finit par provoquer la révolte de la nature, plus tyrannisée que gouvernée par lui. » Que l’on soit croyant ou pas, un tel message ne peut que nous toucher : la question écologique est bien réelle et une prise de conscience s’impose au risque d’aller au devant de grands désastres. 

Nier le changement climatique, ne pas tenir compte de toutes les autres problématiques écologiques revient à donner à l’Homme une illusion de toute puissance et d’absence de limite. Cette démarche est tout autant idéologique que celle de vouloir réduire drastiquement la population humaine ou d’organiser son recul technologique. La vraie écologie est technique et elle est au service de l’Homme et donc de son environnement…ce qui a pour conséquence que l’écologie ne peut être qu’humaniste.

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4 réflexions au sujet de « L’écologie est un humanisme »

  1. Si mes souvenirs sont exacts, Skardanelli n’a pas vraiment dit qu’il n’y avait aucun souci à se faire. Mais il a laissé planer un certain flou, et son texte pouvait paraître, même malgré lui, comme une incitation à l’insouciance écologique. Les précisions de C.V. sont dès lors utiles… et elles-mêmes susceptibles d’être discutées.

  2. Ping : Croissez et multipliez « Skardanelli

  3. Ping : L’écologie pour tous | Rue de Vaugirard, le blog de Charles Vaugirard.

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