De l’art ou du cochon ?

Samedi soir, en allant voir un film au MK2 Beaubourg avec un ami, je discutais d’un des sujets du moment : la veillée du 8 décembre à Notre-Dame de Paris. Discussion intéressante et contradictoire sur la contestation de Golgota PicNic, l’intérêt d’une vénération de la Couronne d’épines en réponse à la christianophobie, la pertinence d’un néologisme comme « christianophobie »…Bref, on continuait dans les rues de Paris les sempiternels débats de ces derniers temps. 

Conversation qui fût arrêtée par une vision surprenante…Rassurez-vous je n’ai pas eu d’apparition ! Mon regard a seulement croisé une immense affiche posée sur la façade (ou plutôt les tubulures) du Centre Georges Pompidou (voir photo). Elle représente le Président Pompidou, et une citation de ce grand homme : « L’art doit discuter, doit contester, doit protester. » Je l’avoue cette citation m’a laissé pantois…Et aussi elle m’a réjouit le cœur : enfin je tenais un élément du débat concernant Golgota PicNic : la question de l’art contemporain subventionné. 

Ce propos de Pompidou est un gigantesque paradoxe qu’illustre parfaitement la soirée du 8 décembre au Théâtre du Rond Point. Un Président de la République, j’ai envie de dire « Le Prince », affirme que « l’art doit contester »…Il « DOIT » contester. Et pour garantir cette contestation, l’Etat subventionne cet art, il lui construit des musées, ce qu’a fait Pompidou. 

Etrange vision de l’art et du mécénat… Etrange art que l’art contemporain. Un art qui conteste, mais qui conteste quoi ? Sans doute l’ordre établi… Donc le Prince ordonne aux artistes (il DOIT contester) de protester, de contester l’ordre établi dont fait pourtant parti le Prince… Georges Pompidou se tirait-il une balle dans le pied en disant cela ? Mais n’est-ce pas aussi une façon de décrédibiliser ces artistes ? Car des contestataires qui sont subventionnés par l’Etat, qui ont un musée pour eux portant le nom d’un Président de droite et dont ce même Président leur dit de protester (en gros « crachez-moi à la figure ! ») ne peuvent être crédible. 

Une rébellion bénie et financée par le Prince n’a aucune valeur. 

Golgota PicNic et les autres « œuvres d’art » contestataires entrent dans ce schéma. Ce sont des pièces de théâtres, ou d’autres types de productions, subventionnées, entre autre, par le Ministère dela Culture. Lesentrées sont payantes et lorsque des catholiques mécontents décident de protester (parfois raisonnablement comme le collectif « Culture et foi » et parfois stupidement comme Civitas), les CRS protègent les artistes contestataires par de solides cordons de sécurités…Quand on pense que les bobos à l’origine de ces œuvres gueulaient en 1968 : « CRS-SS »… 

Cette culture contestataire bénie par l’establishment a quelque chose d’hypocrite. Ces créations sont laides, de mauvais goût. Golgota PicNic gaspille de la nourriture, la pièce de Castellucci diffuse des odeurs fécales, d’autres œuvres contemporaines exposent ou filment de l’urine, des excréments… Aux expositions d’art contemporain, certaines salles doivent être interdites aux moins de 18 ans. 

Ces « œuvres » sont censées renverser l’ordre établit, alors que ce même ordre les finances…sans doute pour mieux les contrôler. 

Honnêtement je vous le dit : la culture d’aujourd’hui est malade. Malade de Schizophrénie, malade de morbidité. Le mécénat a toujours existé, les représentations glauques aussi. Nous connaissons tous les « vanités » qui représentent des crânes ou les danses macabres représentants des squelettes. Les martyres de certains saints sont parfois très « gores »…Mais je ne crois pas que l’on ait atteint le degré de répugnance de l’art contemporain. Tout était toujours transfiguré comme pour nous guider vers un sens plus élevé, vers quelque chose de vrai, de beau et de bien. 

Le mécénat d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui d’hier. Celui d’aujourd’hui nourrit la contestation (pour mieux la neutraliser, la contrôler), celui d’hier nourrissait la quête du sens. Celui d’aujourd’hui finance des œuvres sales, laides, celui d’hier subventionnait des merveilles. Celui d’aujourd’hui paye Rodrigo Garcia, Castellucci, des artistes que l’on aura oublié dans quelques années…Celui d’hier rémunérait Léonard de Vinci, Michel Ange, Shakespeare, Racine, Corneille, Molière, Bach, Mozart etc. 

Vous allez me dire : mais Charles, tu es réac, nostalgique, tu n’aimes pas ton époque ? 

J’ai envie de vous répondre non, j’aime mon siècle, mon époque, ses ordinateurs, son Internet, ses voitures, ses avions…Mais oui, je n’apprécie guère certains de ses artistes. Pas tous, j’aime le cinéma, la photographie, j’aime certains artistes peu reconnus…Mais oui, je n’aime pas l’art contemporain, je n’aime pas ces fausses œuvres d’art qui provoquent la nausée au lieu du ravissement. 

Voila, c’est dit.

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