Du Christ-Roi au 8 décembre

Dimanche 20 novembre nous allons célébrer la fête du « Christ, Roi de l’univers ». Le « Christ-Roi » est une fête instaurée par le pape Pie XI en 1925 avec l’encyclique Quas primas

Cette fête est belle, pleine de sens, mais aussi souvent mal comprise et mal utilisée. Sur son blog, Patrice de Plunkett a diffusé un texte très riche du père Robert Culat. Qu’est-ce que la royauté sociale du Christ ? 

Cette question a une acuité particulière aujourd’hui. Les évènements récents portant sur les différentes pièces théâtres qualifiées de blasphématoires ont fait une publicité extraordinaire à certain mouvements militants pour cette « royauté sociale du Christ ». Je pense en particulier au mouvement Civitas, mais il n’est pas le seul. 

Robert Culat répond avec intelligence à cette question de la royauté sociale du Christ. Elle n’est en rien une théocratie, ou une nouvelle chrétienté. Lisez son texte (encore une fois, riche, long et très complet) et vous verrez. 

Le Christ-Roi est un roi bien particulier. Ponce Pilate, homme politique, militaire garant de l’ordre et de la soumission de la Judée à Rome, demande à Jésus s’il est le Roi des Juifs. Il cherche à démasquer dans le Nazaréen un éventuel leader politique, un résistant. Jésus lui répond : « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Réponse mystérieuse et pourtant claire : Jésus n’est pas un homme politique, un chef de rébellion. A plusieurs reprises, il lui a été demandé s’il allait libérer Israël, ou bien s’il fallait payer l’impôt à César, l’occupant Romain. Mais à chaque fois Jésus échappe à ces questions politiques (et je dirais même géopolitiques). Lors de la Passion, la foule de Jérusalem a eut le choix entre libérer Jésus et libérer un autre homme : Barabbas, un zélote c’est-à-dire un résistant juif armé, un activiste politique. Ils ont choisit Barabbas… Ils ont préféré un royaume d’Israël terrestre, avec ses guerres, ses Rois, ses intrigues, a la royauté du Christ. 

Ce n’est pas nouveau, déjà dans l’ancien testament, à l’époque des Juges d’Israël, le peuple de Dieu demandait au Seigneur un roi. Un roi comme les princes des cités voisines, un roi d’Israël qui serait comme le Pharaon d’Egypte, un roi avec sa cour, ses fastes, son armée, sa gloire. 

Un roi qui finalement serait Dieu sur terre. Dans les états du proche et du moyen-orient antique, les rois étaient des dieux-vivants. 

«Ecoute le peuple dans tout ce qu’il te dira, car ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi, afin que je ne règne plus sur eux.
8 Ils agissent envers toi comme ils l’ont toujours fait depuis que je les ai fait sortir d’Egypte jusqu’à aujourd’hui: ils m’ont abandonné pour servir d’autres dieux.
9 Ecoute-les donc, mais donne-leur des avertissements, fais-leur connaître les droits du roi qui régnera sur eux.»
10 Samuel rapporta toutes les paroles de l’Eternel au peuple qui lui demandait un roi. 11 Il dit: «Voici quels seront les droits du roi qui régnera sur vous. Il prendra vos fils et les mettra sur ses chars ou parmi ses cavaliers, ou encore ils devront courir devant son char. 12 Il fera d’eux des chefs de milliers et des chefs de cinquantaines. Il les emploiera à labourer ses terres, à récolter ses moissons, à fabriquer ses armes de guerre et l’équipement de ses chars. 13 Il prendra vos filles pour faire d’elles des parfumeuses, des cuisinières et des boulangères. 14 Il prendra la meilleure partie de vos champs, de vos vignes et de vos oliviers et la donnera à ses serviteurs. 15 Il prendra la dîme du produit de vos champs et de vos vignes et la donnera à ses serviteurs. 16 Il prendra vos esclaves et vos servantes, vos meilleurs boeufs et vos ânes et se servira d’eux pour ses travaux. 17 Il prendra la dîme de vos troupeaux et vous serez vous-mêmes ses esclaves. 18 Alors vous crierez contre votre roi, celui que vous vous serez choisi, mais l’Eternel ne vous exaucera pas.»


19 Le peuple refusa d’écouter Samuel. «Cela ne fait rien, dirent-ils, il y aura quand même un roi sur nous, 20 et nous aussi nous serons pareils à toutes les nations: notre roi nous jugera, il marchera à notre tête et conduira nos guerres.» 1 Samuel 8.7-20 

Ce passage de la Bible n’est guère monarchiste. La royauté terrestre semble en opposition avec la royauté de Dieu. Il n’y a qu’un seul roi : Dieu, donc le Christ. Et son royaume n’est pas de ce monde. 

Dieu a malgré tout donné un roi à Israël. Le résultat de cette royauté ne sera pas toujours très brillant. Le premier roi, Saül a désobéit à Dieu et est mort suicidé. David a été un grand pécheur, mais un homme de foi qui s’est repenti de son péché. Salomon a été un roi extraordinairement riche…Mais il a finit dans l’idolâtrie la plus macabre…et son royaume a été divisé en deux. L’histoire de la royauté d’Israël est souvent faite d’intrigues, de guerres, de déceptions, de conflits. Il y a eu quelques rois pieux, mais ils étaient rares. Il y a eu quelques grands hommes d’états (Salomon en particulier), mais ils n’étaient pas toujours des saints, loin de là. 

Cette royauté terrestre n’est guère stimulante et en effet, la plus belle réponse que le Seigneur ait pu donner à son peuple qui demandait un roi, a été le Christ-roi. Mais encore une fois, son royaume n’est pas d’ici, notre combat pour son royaume n’est pas politique, il est spirituel. 

Cette lucidité sur ce monde nous permet de relativiser la portée dela politique. Nousn’avons qu’un roi : le Christ. Nos hommes politiques, même s’ils ont le titre de roi, ne sont que des hommes. Aucun n’est investi par Dieu, aucun n’est un surhomme. Donc leur pouvoir ne doit pas être absolu, des contre-pouvoirs s’imposent, des limites légales ne doivent pas être franchies. 

Le Christ-Roi ne possède qu’une couronne : la couronne d’épines. Une couronne de souffrance mise sur la tête du Christ en dérision de sa royauté qui n’est pas de ce monde et qui n’a pas été acceptée par ceux qui ont préféré Barabbas. 

Le 8 décembre, les chrétiens de Paris sont justement appelés à vénérer la relique de la couronne d’épines qui est conservée à Notre-Dame. Cette vénération est organisée par Monseigneur Vingt-Trois en réponse au spectacle Golgota PicNic qui parodie la passion et se moque du Christ. Pour le jour de l’Immaculée conception nous serons aux côtés de Marie, au pied de la Croix pour contempler le Christ-Roi ceint de la couronne d’épine. Nous serons là à prier notre vrai roi en présence de sa couronne. 

Nous ne chercherons pas à militer devant ce théâtre au nom d’une fausse royauté sociale du Christ. Nous ne chercherons pas à perturber ce spectacle en montant sur scène ou en jetant de l’huile de vidange sur les spectateurs. Nous ne justifierons aucun acte violent à finalité politique en vue de la restauration d’une quelconque chrétienté. 

Notre seul but sera d’ouvrir nos cœurs à son règne et de le servir en servant les plus pauvres et en vivant la charité.

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5 réflexions au sujet de « Du Christ-Roi au 8 décembre »

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